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Luận văn thạc sĩ VNU ULIS nghiên cứu lỗi trong dịch thuật pháp việt (trường hợp sinh viên các khoa tiếng pháp tại việt nam) luận án TS ngôn ngữ và văn hoá

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THÔNG TIN TÀI LIỆU

Thông tin cơ bản

Tiêu đề Nghiên cứu lỗi trong dịch thuật Pháp-Việt (Trường hợp sinh viên các khoa tiếng Pháp tại Việt Nam)
Tác giả Đỗ Lan Anh
Người hướng dẫn PGS.TS. Đinh Hồng Võn, PGS.TS. Trịnh Đức Thỏi
Trường học Trường Đại học Ngoại ngữ - ĐHQGHN
Chuyên ngành Ngôn ngữ Pháp
Thể loại Luận án Tiến sĩ
Năm xuất bản 2016
Thành phố Hà Nội
Định dạng
Số trang 212
Dung lượng 4,68 MB

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Nội dung

D’autres s’intéressent à un domaine plus précis de la traduction à savoir la traduction littéraire avec des études portant sur les problèmes de la traduction des œuvres littéraires vers

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ĐẠI HỌC QUỐC GIA HÀ NỘI TRƯỜNG ĐẠI HỌC NGOẠI NGỮ

Đỗ Lan Anh

ÉTUDE DES ERREURS EN TRADUCTION DU FRANÇAIS EN

VIETNAMIEN (Le cas des étudiants des départements de français au Vietnam)

NGHIÊN CỨU LỖI TRONG DỊCH THUẬT PHÁP-VIỆT (Trường hợp sinh viên các khoa tiếng Pháp tại Việt Nam)

LUẬN ÁN TIẾN SĨ CHUYÊN NGÀNH NGÔN NGỮ PHÁP

Hà Nội - 2016

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ĐẠI HỌC QUỐC GIA HÀ NỘI TRƯỜNG ĐẠI HỌC NGOẠI NGỮ

Đỗ Lan Anh

ÉTUDE DES ERREURS EN TRADUCTION DU FRANÇAIS EN

VIETNAMIEN (Le cas des étudiants des départements de français au Vietnam)

NGHIÊN CỨU LỖI TRONG DỊCH THUẬT PHÁP-VIỆT (Trường hợp sinh viên các khoa tiếng Pháp tại Việt Nam)

Chuyên ngành : Ngôn ngữ Pháp

Mã số : 62220203

LUẬN ÁN TIẾN SĨ CHUYÊN NGÀNH NGÔN NGỮ PHÁP

Ngày bảo vệ : 31/10/2016 Nơi bảo vệ : Trường Đại học Ngoại ngữ - ĐHQGHN

NGƯỜI HƯỚNG DẪN KHOA HỌC: PGS.TS Đinh Hồng Vân PGS.TS Trịnh Đức Thái

Hà Nội - 2016

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ATTESTATION SUR L’HONNEUR

J’atteste sur l’honneur que cette thèse a été réalisée par moi-même et que les résultats qui y sont présentés sont exacts et n’ont jamais été publiés ailleurs

Đỗ Lan Anh

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REMERCIEMENTS

J’adresse mes remerciements les plus sincères à Monsieur Đinh Hồng Vân et Monsieur TrịnhĐức Thái, mes directeurs de thèse Je ne saurais leur exprimer toute ma reconnaissance pour leur grande disponibilité, leur rigueur scientifique et leurs précieux encouragements et conseils qui, tout au long de ces dernières années, ont fait progresser cette thèse

Je remercie sincèrement les enseignantes qui ont participé à cette étude, notamment Madame Nguyễn Yến Nhi de l’Université de Hanọ, Madame Nguyễn Lan Anh de l’Académie Diplomatique du Vietnam, Madame Nguyễn Thị Thu Trang de l’École Normale Supérieure de Hanọ, Madame Cơng Huyền Tơn Nữ Ý Nhiệm et Madame Hồ Thủy An de l’École Supérieure

de Langues Étrangères - Université de Hue, Madame Lê Thị Ngọc Hà de l’Université de Langues Étrangères - Université de Danang, Madame Trần Lê Bảo Chân de l’Université de Pédagogie de Hochiminh-ville et Madame Nguyễn Lam Vân Anh de l’Université de Cantho qui m’ont aidée à élaborer le corpus de ma recherche

Que soient également remerciés le Département post-universitaire de l’Université de Langues et d’Études Internationales - Université Nationale de Hanọ pour sa formation, le Département de langue et de culture françaises de l’Université de Langues et d’Études Internationales - Université Nationale de Hanọ qui m’a facilité le travail de thèse en me dispensant des obligations professionnelles, mes collègues pour leurs soutiens et leurs encouragements Mes remerciements vont aussi à tous ceux qui par leurs commentaires et leurs critiques m’ont apporté une aide précieuse

Je tiens à remercier mes parents, ma sœur et mon mari qui m’ont soutenue tout au long

de cette aventure Leurs encouragements m’ont permis de terminer ce travail

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TABLE DES MATIÈRES ATTESTATION SUR L’HONNEUR

REMERCIEMENTS

LISTE DES ABRÉVIATIONS………

LISTE DES TABLEAUX………

LISTE DES GRAPHIQUES………

INTRODUCTION………

CHAPITRE 1 - CADRE THÉORIQUE………

1.1 Définition de la traduction………

1.2 Typologie de traductions………

1.2.1 Traduction des textes littéraires………

1.2.2 Traduction des textes de spécialité………

1.2.3 Traduction automatique………

1.3 Différentes approches de traduction………

1.3.1 Approche linguistique………

1.3.1.1 Approche linguistique théorique………

1.3.1.2 Approche linguistique appliquée avec la théorie de traduction de Catford………

1.3.1.3 Approche linguistique contrastive avec la traduction comparative de Vinay & Darbelnet (1958)………

1.3.2 Approche sociolinguistique………

1.3.2.1 Maurice Pergnier et Les fondements sociolinguistiques de la traduction………

1.3.2.2 Eugène Nida et son approche sociolinguistique………

1.3.3 Approche interprétative………

1.3.3.1 Théorie du sens………

1.3.3.2 Étapes de traduction selon l’approche interprétative………

1.4 Erreur de traduction………

1.4.1 Définition de l’erreur………

1.4.2 Définition de l’erreur de traduction et typologie d’erreurs de traduction………

1.5 Origines des erreurs en traduction………

1.5.1 Maîtrise insuffisante de la langue de départ………

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1.5.1.1 Mauvaise analyse de la structure grammaticale………

1.5.1.2 Mauvaise saisie du sens du terme………

1.5.1.3 Mauvaise attitude de lecture du texte………

1.5.2 Insuffisance des connaissances socio-culturelles………

1.5.3 Problèmes d’expression dans la langue cible………

Bilan du chapitre 1………

CHAPITRE 2 - ANALYSE DES ERREURS EN TRADUCTION DU FRANÇAIS EN VIETNAMIEN DES ÉTUDIANTS DE 4 E ANNÉE………

2.1 Enseignement de la traduction dans les universités vietnamiennes………

2.1.1 Enseignement du français dans les universités………

2.1.2 Enseignement de la traduction dans le programme universitaire………

2.1.3 Cours de traduction………

2.1.3.1 Objectifs………

2.1.3.2 Contenus………

2.1.3.3 Mise en place………

2.2 Méthodologie de recherche………

2.2.1 Méthode de recherche………

2.2.2 Échantillon………

2.2.3 Choix des textes à traduire………

2.2.4 Constitution du corpus ………

2.2.5 Méthodes d’analyse des données………

2.3 Analyse des erreurs commises par les étudiants de 4 e année………

2.3.1 Erreurs commises par les étudiants en traduction du français en vietnamien………

2.3.2 Sources d’erreurs commises par les étudiants en traduction du français en vietnamien… 2.3.2.1 Dans la phase de compréhension………

2.3.2.2 Dans la phase de réexpression………

Bilan du chapitre 2………

CHAPITRE 3 - PROPOSITIONS MÉTHODOLOGIQUES POUR L’AMÉLIORATION DE LA TRADUCTION DU FRANÇAIS EN VIETNAMIEN………

3.1 Critères d’une bonne traduction………

3.2 Techniques de saisie du sens des termes………

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3.2.1 À l’aide du dictionnaire………

3.2.2 À l’aide des sites web à l’Internet………

3.3 Techniques d’analyse des relations syntaxiques………

3.4 Techniques de saisie du bagage cognitif et du contexte cognitif………

3.5 Démarches à suivre dans l’acte traduisant………

3.5.1 Dans la phase de compréhension………

3.5.2 Dans la phase de déverbalisation………

3.5.3 Dans la phase de réexpression………

Bilan du chapitre 3………

CONCLUSION……….…

PUBLICATIONS ET COMMUNICATIONS LIÉES À LA THÈSE………

BIBLIOGRAPHIE………

ANNEXES

Annexe 1 : Textes à traduire Annexe 2 : Typologie et sources d’erreurs

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LISTE DES ABRÉVIATIONS

Abréviations Explications

ADV

AJ

CS ELE-UD ESLE-UH ENSH

UPH

Académie Diplomatique du Vietnam Ajout

Contre-sens École de Langues Étrangères - Université de Danang École Supérieure de Langues Étrangères - Université de Hue École Normale Supérieure de Hanọ

Faux-sens Langue d’arrivée Langue cible Langue de départ Langue source Non-sens Omission Texte d’arrivée Texte cible Texte de départ Texte source Université de Cantho Université de Hanọ Université de Langues et d’Études Internationales - Université Nationale de Hanọ

Université de Pédagogie de Hochiminh-ville

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LISTE DES TABLEAUX

Tableau 2.1 : Nombre total des étudiants de 4e année de traduction et d’autres

spécialités Tableau 2.2 : Nombre total des devoirs de traduction récupérés Tableau 2.3 : Erreurs commises par les étudiants de traduction et d’autres

spécialités Tableau 2.4 : Sources d’erreurs dans la phase de compréhension Tableau 2.5 : Sources d’erreurs dans la phase de réexpression

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LISTE DES GRAPHIQUES

Graphique 2.1 : Synthèse des erreurs de traduction Graphique 2.2 : Erreurs dans la phase de compréhension Graphique 2.3 : Erreurs dans la phase de réexpression

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INTRODUCTION

1 Raison du choix du sujet

La traduction joue un rơle de plus en plus important dans la vie actuelle ó la communication entre les locuteurs de langues différentes (à l’oral ou par l’écrit) constitue toujours un levier pour le développement, notamment dans le contexte de mondialisation actuelle En effet, le commerce international, les relations diplomatiques, les programmes éducatifs, les voyages, les activités comme les loisirs, les livres ou les films, les modes d’emploi pour l’électroménager, les logiciels informatiques ou les instructions de montage de meubles dépendent du travail des traducteurs qui essaient de transposer des idées et des informations d’une langue vers une autre

Au Vietnam, depuis son adoption de la politique d’ouverture économique et son intégration à l’économie mondiale, les échanges multiformes entre le Vietnam et les différents pays y compris la France et les pays francophones ne cessent d’augmenter et contribuent à améliorer le niveau de vie des Vietnamiens Les diplơmés francophones peuvent trouver un emploi non seulement dans les organismes d’État, les organisations non gouvernementales mais aussi dans les entreprises vietnamiennes, françaises ou mixtes en tant que traducteurs ou interprètes

Dans un tel contexte, la formation des apprentis-traducteurs dans les universités de langues devient plus nécessaire que jamais En effet, dans les pays occidentaux, il existe de grandes écoles de traduction professionnelle connues telles que l’École Supérieure d’Interprètes

et de Traducteurs de l’Université de Paris 3 en France, l’Institut Supérieur de Traducteurs et Interprètes de l’Université Libre de Bruxelles ou l’Institut Libre Marie-Haps de l’Université Saint-Louis en Belgique, etc avec de nombreux programmes professionnalisants de formation à

la traduction Au Vietnam, des écoles de langues ont aussi des programmes de formation à la traduction comme l’Université de Langues et d’Études Internationales - Université Nationale de Hanọ, l’Université de Hanọ, l’École de Langues Étrangères - l’Université de Danang, l’Université de Pédagogie de Hochiminh-ville La formation à la traduction dans ces écoles a pour but de répondre aux besoins grandissants du marché de la traduction et de l’interprétation à l’échelle nationale et internationale Pourtant, devenir interprète ou traducteur compétent n’est pas toujours facile car les apprentis-traducteurs heurtent à nombre de difficultés au cours de

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l’apprentissage de cette matière Ils font souvent des erreurs de traduction bien qu’ils aient acquis des connaissances linguistiques au cours de quatre années d’études universitaires Cela dit, la traduction n’est pas aussi simple qu’on le pense Elle exige une bonne maîtrise des connaissances extralinguistiques mais aussi des techniques particulières en la matière Ces obstacles sont nombreux, répétitifs et deviennent même récurrents chez un grand nombre de futurs traducteurs Ils se présentent dans toutes les phases de traduction : de la phase de compréhension du TS à la phase de production du TC

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À l’heure actuelle, la traduction constitue un domaine qui fait l’objet des différentes études scientifiques En effet, de nombreux théoriciens comme Cary (1956), Lefevre (1977), Horguelin (1981), Santoyo (1987) font des études historiques et pratiques de la traduction D’autres s’intéressent à un domaine plus précis de la traduction à savoir la traduction littéraire avec des études portant sur les problèmes de la traduction des œuvres littéraires vers différentes langues cibles de Pellaumail (2000), Bruneaud (2010), Scodeller (2009) ou des études sur les aspects culturels dans la traduction des textes littéraires de Said (1995), Pelea (2010), Krynicka (2010), Sierra (2013), etc ; la traduction juridique avec des recherches des auteurs comme Sun (2000), Koutsivitis (1988), Grass (1996), Sferle (2009), Geraud (2011) sur les problèmes et les méthodes efficaces pour traduire des textes juridiques du français en différentes langues (le chinois, le grec, l’allemand, etc.) D’autres encore mettent l’accent essentiellement sur la traduction automatique statistique avec un grand corpus dans laquelle on peut citer les études de Rubino (2011), Rauf (2012), Déchelotte (2007), Azouzi (2011), Afi (2014) Ceux qui travaillent dans le domaine de la didactique abordent dans leurs études des propositions visant à améliorer la qualité de l’enseignement/apprentissage de la traduction au milieu scolaire à savoir Zhao (1989), Abrudeanu (2003), Saleh (2007) Cependant, le nombre d’études qui portent sur les erreurs des apprenants en traduction reste encore très modeste Parmi les recherches sur les erreurs de traduction, celles dans le domaine de la traduction automatique sont toujours privilégiées On peut citer l’étude sur l’analyse des erreurs de la traduction automatique des noms propres de l’anglais et du français vers le vietnamien de Phan Thị Thanh Thảo (2014) ou celle qui porte sur la traduction automatique des unités lexicales complexes à partir du web de Léon (2008) ou la traduction automatique de la parole par méthode statistique de Déchelotte (2007), etc À cela s’ajoutent les problèmes de la traduction technique d’une langue (le français) vers une autre (l’allemand) d’Allignol (1995) ou de Gardosi (2012) Concernant un autre domaine sur l’étude d’erreurs de traduction au milieu scolaire, une thèse intéressante porte sur l’analyse d’erreurs en traduction français-arable d’Al-Attrache (2003) Cette thèse a pour but de trouver la/les raison(s) principale(s) des erreurs commises par les apprentis-traducteurs arabophones et francophones À travers ce problème, l’auteur a essayé de savoir comment le processus d’enseignement/apprentissage des langues, maternelle et étrangère, peut avoir une relation directe avec celui de la traduction Dans

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cette thèse, l’auteur traite des erreurs linguistiques et intralinguistiques comprenant les interférences phonétiques, morphologiques, syntaxiques, dialectales et culturelles entre le français et l’arabe et propose des exercices de traduction appropriés

À propos des études sur la traduction au Vietnam, on peut citer les mémoires de fin d’études universitaires ou de master soutenus à l’Université de Hanọ sur les problèmes de

la traduction des textes littéraires tels que l’incidence des éléments socio-culturels dans la traduction littéraire : le cas de certaines nouvelles de Guy de Maupassant de Trần Ngọc Mai (2002), les problèmes posés par la traduction d’un reportage littéraire : le cas de

Kỹ nghệ lấy Tây de Lê Đàm Hoa Hạ (2013), les récits fantastiques d’Alexandre Dumas :

quelques problèmes de traduction de Phạm Thị Bích Liễu (2008) , la traduction du roman avant, pendant, après de Jean-Marc Parisis avant la relecture : problèmes et remédia de Nguyễn Khắc Tú (2013) ou la transformation lexico-syntaxique dans la traduction

vietnamienne du roman bilingue L’enfant et la rivière de l’auteur Henri Bosco de Nguyễn

Văn Dương (2012) Il faut citer aussi des études sur les problèmes de la traduction comme l’étude des connaissances culturelles dans la traduction (Étude de cas des étudiants en troisième et en quatrième années du Département de langue et de culture françaises - Université de Langues et d’Études Internationales - Université Nationale de Hanọ) de Nguyễn Thanh Hoa (2010), des mémoires de master soutenus à l’Université de Hanọ à savoir la traduction pragmatique - aspect théorique et pratique de Nguyễn Phương Hoa (2013), la traduction des argots modernes du français en vietnamien de Lê Thị Thu Huyền (2003), les interférences dans la traduction français-vietnamien : causes et solutions de Bùi Thị Lưu (2009) ou les problèmes liés à la traduction des textes techniques et scientifiques de Đặng Quốc Bảo (2014), la traduction des temps du discours informatif du français en vietnamien de Đào Văn Tuấn (2009) à l’Université de Pédagogie de Hochiminh-ville, la traduction des marques de la troisième personne du singulier en Vietnamien de Huỳnh Tấn Lập (2011), l’application des trois critères Fidélité - Élégance - Expressivité dans une traduction littéraire de version française en version vietnamienne de Trương Bích Hoa (2015) à l’Université de Cantho, etc

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Quant aux recherches sur l’erreur de traduction, il y a deux mémoires de master soutenus à l’Université de Hanọ : l’un porte sur l’analyse des erreurs de traduction des textes commerciaux et propositions pédagogiques de Nguyễn Thúy Anh (2002) et l’autre sur l’analyse d’erreurs dans la traduction des textes financiers et comptables de Nguyễn Thị Nhung (2002) Dans le premier mémoire, l’auteur présente des problèmes de traduction des termes spécialisés dans les textes commerciaux en vietnamien et propose des solutions dans le processus d’enseignement des textes commerciaux aux étudiants de français tandis que le deuxième aborde des erreurs de traduction des textes financiers et comptables et à partir desquelles elle propose des solutions de traduction convenables pour ces types de textes Ce sont donc des recherches sur les erreurs de traduction à la base des textes de spécialité dans lesquels les auteurs étudient les problèmes de traduction des termes spécialisés

À travers la revue de la littérature des recherches sur la traduction et l’erreur de traduction à l’étranger et au Vietnam, nous constatons que les études sur les erreurs de traduction sont encore limitées notamment celles sur les erreurs de traduction du français en vietnamien qui ne sont pas encore traités profondément C’est la raison pour laquelle nous

avons décidé de réaliser une thèse de doctorat intitulée : «Étude des erreurs en traduction du français en vietnamien (Le cas des étudiants des départements de français au Vietnam)» Ce qui

est nouveau dans cette thèse réside premièrement dans le choix du sujet En effet, il y a un bon nombre de recherches sur les problèmes généraux de traduction tels que la traduction des proverbes, des argots, ou des obstacles de la traduction du français en vietnamien et vice versa mais aucune étude ne traite des erreurs commises par les apprenants dans le processus de traduction en général de façon systématique Deuxièmement, l’analyse des erreurs à la lumière

de la théorie de la traduction interprétative de Seleskovitch et de Lederer parmi les autres théories de la traduction constitue notre propre choix pour réaliser cette thèse Troisièmement, les propositions méthodologiques pour mieux comprendre le TS, les techniques d’exploitation des outils de traduction et les techniques de réexpression en LC sont aussi des points remarquables dans cette thèse

En choisissant ce sujet de recherche, nous voudrions faire une recherche systématique sur les erreurs de traduction commises par les étudiants dans les départements de français au Vietnam Par ce travail d’identification des erreurs, nous envisageons de connaỵtre les causes de ces erreurs, ce qui nous permettra de proposer des stratégies correctrices appropriées

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Ainsi, d’un point de vue théorique, nous souhaiterions que ce travail de recherche

contribue aux études en traductologie, à la théorie des erreurs en traduction en général et en traduction du français en vietnamien en particulier

D’un point de vue pratique, notre recherche contribuera à identifier les différents types

d’erreurs en traduction du français en vietnamien, et à proposer des solutions permettant aux apprenants d’éviter ces erreurs

2 Quelles sont les causes de ces erreurs ?

3 Quelles sont les solutions pour améliorer la qualité de la traduction du français en vietnamien des étudiants des départements de français au Vietnam ?

3 Il existe toujours des solutions efficaces pour éviter ces erreurs en traduction du français en vietnamien à savoir des techniques pour mieux comprendre le TS et des techniques

de reformulation en langue maternelle

4.Objectifs de recherche

Ce travail de recherche a pour objectif de/d’ :

- Identifier les erreurs les plus commises par les étudiants des départements de français

dans la traduction du français en vietnamien

- Identifier les causes de ces erreurs :

+ Problèmes de compréhension de la LS

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+ Problèmes de réexpression en LC

- Proposer des solutions pour améliorer la qualité de la traduction du français en

vietnamien des étudiants des départements de français au Vietnam :

+ Techniques pour mieux comprendre le TS + Techniques pour mieux reformuler en LC

5 Méthodologie de recherche

Pour atteindre les objectifs de la recherche, nous avons choisi comme méthodologie la recherche descriptive qui nous permet de mieux identifier les erreurs commises par les apprenants, de trouver des causes de ces erreurs et de donner des solutions appropriées

Dans cette recherche, nous avons recueilli toutes les copies d’examen et devoirs de traduction du français en vietnamien des étudiants de 4e année de spécialité de traduction (1916 copies) et d’autres spécialités (2497 copies) des départements de français des universités du nord au sud du Vietnam

Pour l’analyse des données, nous pouvons utiliser la méthode statistique qui nous permet

de dénombrer les erreurs de traduction commises par les étudiants dans les copies d’examen et devoirs de traduction, de les classer et de les présenter sous forme des différents tableaux et les méthodes analytique, descriptive et synthétique qui nous permettent d’analyser les erreurs et les causes des erreurs de traduction commises par les étudiants en nous basant sur des livres, des documents et des publications et communications des auteurs spécialisés dans le domaine de la traduction

6 Structure de la thèse

Notre travail de recherche se compose de 3 chapitres

Le premier chapitre est réservé au cadre théorique Nous allons présenter, dans ce chapitre, quelques éléments théoriques de la traduction tels que la définition de la traduction, les différents types de traductions et les principaux courants théoriques de la traduction La définition de l’erreur, de l’erreur de traduction, la typologie d’erreurs de traduction et les origines des erreurs de traduction y sont aussi abordées

Le deuxième chapitre porte sur l’analyse des erreurs en traduction du français en vietnamien des étudiants de 4e année des départements de français du nord au sud du Vietnam

Dans ce chapitre, nous nous concentrons essentiellement sur deux phases du processus de

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traduction proposées par Seleskovitch & Lederer : la compréhension et la réexpression pour faire la statistique des erreurs commises par les apprenants et en trouver les origines

Le troisième chapitre est consacré à la présentation de plusieurs propositions méthodologiques telles que les critères à respecter pour avoir une bonne traduction les démarches à suivre pour mieux comprendre le TS, plusieurs techniques d’exploitation des outils nécessaires pour l’acte traduisant ainsi que des techniques d’expression en LC Ce qui vise à améliorer la qualité de la traduction chez les étudiants

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CHAPITRE 1 - CADRE THÉORIQUE

Comme son titre l’indique, ce chapitre vise à constituer les bases théoriques pour notre thèse Il comporte cinq divisions principales La première aborde le problème de définition de la traduction avec les points de vue de différents théoriciens La deuxième partie présente la typologie de traductions caractérisée par le domaine précis de la traduction La troisième mentionne les courants théoriques de la traduction avec trois grandes approches : l’approche linguistique, l’approche sociolinguistique et l’approche interprétative La troisième section traite

le problème de définition de l’erreur, l’erreur de traduction et la typologie d’erreurs de traduction Enfin, la dernière partie aborde les origines des erreurs en traduction, de la maỵtrise insuffisante de la LD à l’insuffisance des connaissances socio-culturelles en passant par les problèmes d’expression dans la langue maternelle

l’explication du Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage, le mot «traduction» est

apparu en 1540 et on trouve en premier les textes sacrés comme la traduction grecque de

l’Ancien Testament (commission des traducteurs 70 qui ont traduit la Bible en grec), la traduction latine de la Bible par saint Jérơme (la Vulgate), etc Mais les textes littéraires de l’Antiquité ont aussi joué un grand rơle, comme les traductions de l’Iliade et de l’Odyssée

Depuis des siècles, les meilleurs esprits n’ont pas hésité à proclamer que la traduction constituait en soi une impossibilité

Cervantès, en Espagne, compare la traduction à un tapis mis à l’envers : «Tous les motifs sont là, mais rien de leur beauté n’est perceptible» (cité par Cary, 1958 : 25)

En Allemagne, Humboldt, un des traducteurs les plus connus, proclame : «Toute traduction me paraỵt incontestablement une tentative de résoudre une tâche irréalisable» et Schlegel «La traduction est un duel à mort ó périt inévitablement celui qui traduit ou celui qui est traduit» (Ibid., 25)

En Angleterre, Borrow affirme : «La traduction est, au mieux, un écho» (Ibid., 25)

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En France, depuis Joachim du Bellay jusqu’à Victor Hugo, en passant par Voltaire estimait que les traductions augmentaient les fautes d’un outrage et en gâtaient les beautés

Or, la traduction existe et se développe de siècle en siècle «Et pourtant on traduit !», a affirmé Galilée Alors, qu’est-ce que c’est que la traduction ?

Actuellement, cette question engendre toujours des controverses Bon nombre de théoriciens et de praticiens de la traduction sont d’accord en ce qui concerne la difficulté de donner une définition pertinente de la traduction

Larousse, un dictionnaire de linguistiquedéfinit la traduction comme l’«action de faire passer, un message d’une LD dite LS dans une LA dite LC» (1994 : 486) La traduction, qui signifie également «interprétation, façon d’exprimer, de correspondre à», renvoie donc à un

processus, à un résultat ou à un produit

Au sens strict, la traduction ne concerne que les textes écrits quand il s’agit de langue parlée, on parlera d’interprétation

Sur le plan linguistique, Newmark1, professeur à l’Université de Surrey et partisan passionné de l’approche linguistique insiste fermement sur les mots d’un texte

Fedorov cherche à mener une étude systématique de la traduction suivant un paradigme

linguistique dans son ouvrage L’introduction à la théorie de la traduction parce qu’il est convaincu que «toute la théorie de la traduction doit être incorporée dans l’ensemble des disciplines linguistiques.» (cité par Larose, 1989 : 11)

D’autres auteurs ont la même conviction et s’évertuent à faire de la traduction un domaine parmi d’autres de la recherche en linguistique Vinay& Darbelnet, deux chercheurs

canadiens de la théorie de la traduction, dans leur livre Stylistique comparée du français et de l’anglais définissent la traduction comme «le passage d’une langue A à une langue B, pour exprimer une même réalité X» (1960 : 20) Le mécanisme de la traduction n’est rien d’autres

que la stylistique comparée Celle-ci est fondée sur la connaissance de deux structures linguistiques ancrées dans deux cultures qui, par nature, appréhendent la réalité de façon différente

Un grand chercheur de la traduction, Mounin, affirme que «la traduction consiste à produire dans la LA l’équivalent naturel le plus proche du message de la LD, d’abord quant à

1 Newmark, P, (1982),Approaches to Translation,Oxford & New York : Pergamon

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la signification puis quant au style» (1963 : 12) Celui-ci estime que les problèmes de traduction

«ne peuvent être éclairés en premier lieu que dans le cadre de la science linguistique» (Ibid.,

17) Chez Mounin on observe la primauté de la signification; la forme, le style et l’expression viennent ensuite

Dans son ouvrage A Linguistic Theory of Translation, Catford affirme que«la traduction est une opération réalisée sur les langues : un processus de substitution d’un texte dans une langue par un texte dans une autre langue» (1965 : 20) Il a théorisé son approche de traduction

sur la base d’une correspondance formelle et d’une équivalence textuelle

Ladmiral est du même avis mais il est plus nuancé que ses prédécesseurs en disant «La traduction est un cas particulier de convergence linguistique : au sens plus large, elle désigne toute forme de médiation linguistique permettant de transmettre de l’information entre locuteurs de langues différentes.» (1994 : 11)

Pourtant, il existe un certain nombre de théoriciens qui considèrent la traduction comme une pratique sémiotique plutôt qu’une opération linguistique, c’est-à-dire c’est de faire ce qui était énoncé dans une langue le soit dans une autre, en trouvant l’équivalence de sens et de valeur des deux énoncés

Selon Gile dans La traduire, la comprendre, et l’apprendre, la traduction est «une activité linguistique réalisée sur des textes, et les principaux facteurs déterminant la traduction sont des structures d’équivalence abstraites, définies syntaxiquement et sémantiquement.»

Concernant la notion de culture dans la traduction, le traductologue José Lambert (1988)

de l’Université de Louvain l’a minutieusement analysée et il en est arrivé à remettre en question les relations entre les langues et la culture, entre les peuples et leurs cultures respectives, mais une analyse de tous les points de vue des cultures impliquées dans le processus de transfert est

essentielle de la part du traducteur Eco lui-même affirme : «On a déjà dit, et l’idée est établie, qu’une traduction ne concerne pas seulement un passage entre deux langues, mais entre deux

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cultures, ou deux encyclopédies Un traducteur tient compte des règles linguistiques, mais aussi d’éléments culturels, au sens le plus large du terme.» (2007 : 190)

Ballard (2006) partage aussi cette idée en disant que la traduction - contact de langues et

de cultures Pour lui, la traduction n’est pas simplement une opération sur les langues mais sur les discours produits à l’aide des langues dans des cultures différentes Traduire s’accompagne d’un désir de découverte des nouveaux horizons culturels et de s’enrichir au contact de ceux-ci

Pour ces auteurs, la langue est indissociable de la culture Ainsi, on ne traduit pas des faits linguistiques mais des faits culturels

D’après Moskowitz, «La traduction est un acte de communication Par conséquent, le traducteur doit comprendre pour faire comprendre à son lecteur » (1972 : 48)

À son tour, Delisle considère la traduction comme un «processus intellectuel par lequel

un message donné est transposé dans une autre langue» Toujours selon lui, «Traduire n’est pas comparer, mais fondamentalement réexprimer un vouloir-dire manifesté dans un texte doté d’une fonction communicative précise Cette opération intellectuelle suit le modèle de la communication unilingue.» (1984 : 16)

À travers ces définitions, on peut trouver que tous les théoriciens abordent les problèmes universels de la traduction parmi lesquels une certaine somme d’éléments qui se retrouvent dans toute traduction sont linguistique, sémantique, stylistique, culturel, etc

1.2 Typologie de traductions

En faisant la recension des thèses et des ouvrages sur la traduction, nous constatons qu’il

y a trois grands types de traductions:

- La traduction des textes littéraires

- La traduction des textes spécialisés

- La traduction automatique

1.2.1 Traduction des textes littéraires

La traduction littéraire vers quelque langue que ce soit possède des caractères qui la distinguent de la plupart des autres tâches langagières car la traduction littéraire pose beaucoup

de problèmes immenses Le traducteur de ce type de texte doit le passer d’une langue dans une autre et la différence entre deux langues élève une barrière entre le texte écrit et le lecteur qui

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pense et lit dans l’autre C’est pourquoi, les œuvres littéraires constituent une mine pour que les chercheurs qui étudient la traduction puissent exploiter

Le traducteur doit démontrer une appréciation de sentir et pour différents styles, des tons

et des nuances à la fois dans les langues source et cible, recréant ainsi l’ambiance de l’original

La traduction littéraire vise à simplement changer les mots d’une langue à l’autre, il s’agit de la tâche complexe dont le traducteur est chargé En d’autres termes, le traducteur doit laisser la même impression sur le lecteur du TC que l’auteur fait sur le lecteur du TS

Landers dit :

«Outre qu’une parfaite maîtrise de la LS, le traducteur littéraire doit posséder une connaissance profonde de la LC En réalité, être en amour avec l’une ou les deux langues, si ce n’est pas une nécessité absolue, c’est un trait fréquemment trouvé parmi les meilleurs traducteurs littéraires et les plus prospères.» (2001 :

7)

Au cours de ces dernières années, de nombreuses recherches ont été effectuées sur la traduction des textes littéraires Elles prennent des œuvres littéraires comme corpus pour analyser les registres de la LD, les éléments culturels et leurs transferts en LC Les genres littéraires sont très variés, les chercheurs peuvent choisir des romans, proses, poèmes, discours comiques etc pour étudier la traduction du français en LC (en grec, arabe, hongrois, chinois, japonais, persan, vietnamien, etc.)

1.2.2 Traduction des textes de spécialité

Il existe un domaine de la traduction que l’on désigne ici sous l’appellation de

«traduction spécialisée» Elle est née pour répondre aux différents besoins dans une économie mondialisée axée sur la science, la technologie et l’hyper-spécialisation La traduction spécialisée désigne l’acte de traduire ponctuel, tributaire d’une finalité précise et ayant une visée professionnelle avérée Sous cette dénomination sont classées plusieurs formes de traduction qui possèdent un objectif spécifique, en particulier l’aide à la décision dans divers domaines de spécialité qui exigent le recours à la traduction: traduction économique (Delisle, 1988), traduction juridique (Bocquet, 1996), traduction médicale (Lee-Jahnke, 2001)

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Parmi ces domaines, on s’intéresse le plus à la traduction juridique car dans le contexte actuel de la mondialisation, les relations contractuelles prennent toute leur importance, et l’accroissement des accords transnationaux entraîne une réelle imbrication des systèmes juridiques Et la demande en traduction juridique ne cesse d’augmenter

La traduction juridique pose des problèmes qui lui sont propres La langue du droit présente également le paradoxe d’avoir été soigneusement façonnée, mais d’être

hermétique et ambiguë Comme le signale Gémar, «les juristes pratiquent un discours

souvent obscur et tortueux à souhait, et cela dans la plupart des langues véhiculaires, en Occident tout au moins.» (1979 : 45)

Le droit étant un phénomène social, le produit d’une culture, comme l’énonce Gémar, il acquiert dans chaque société un caractère unique De ce fait, le discours du droit est porteur d’une dimension culturelle qui se reflète non seulement dans les mots ou les termes propres à un système juridique, mais aussi dans la façon de les exprimer

1.2.3 La traduction automatique

La traduction automatique est née au milieu du XXe siècle aux États-Unis, sous l’impulsion de la Défense américaine, soucieuse de posséder des systèmes de cryptographie et

de traduction susceptibles de faciliter le renseignement en langues étrangères dans le contexte

de la guerre froide naissante Dès la fin des années 1940, le cryptographe Warren Weaver produit un mémorandum qui pose la question de la faisabilité de la «Mechnical Translation» en

se référant à la théorie de l’information de Shannon et Weaver (1948) Pourtant, la traduction automatique est utilisée de façon très restreinte dans le domaine de traduction technique et scientifique La traduction littéraire est hors de portée des machines

La traduction automatique ne peuvent atteindre l’exactitude ni la qualité de la traduction humaine mais une série de projets est mise en œuvre dont l’objectif affiché est la traduction à grande échelle On peut citer les approches novatrices dans ces projets : la résolution des ambiguïtés à l’aide de méthodes statistiques (Kaplan & Casey, 1958), l’analyse syntaxique fondée sur une approche sémantique (Masteman, 1957; Melcuk, 1960), l’ébauche d’un système basé sur les mémoires de traduction (Koutsoudas & Humecky, 1957), la conception de dictionnaires électroniques fondés sur l’analyse morphologique (Oettinger, 1960), etc

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Cet extraordinaire élan théorique et pratique va prendre fin au milieu des années 1960 car la traduction automatique et plus tard la traduction assistée par ordinateur donne des résultats peu satisfaisants

En Europe, on assiste au même mouvement de réorientation des recherches au profit de

la linguistique informatique Ainsi, en France, le CETA (Centre d’Étude pour la Traduction Automatique), qui avait été créé en 1959 sous l’impulsion du ministère de la Défense, a opéré

un virage théorique analogue à celui des Américains (Loffler-Laurian, 1996)

Depuis les années 2000, la traduction automatique connaît pourtant un renouveau indéniable à la faveur de la révolution informatique et de la génération du web multilingue Le besoin en traduction n’a jamais été aussi pressant, contribuant du même coup à dynamiser les recherches et à multiplier les applications Mais la contribution des traductologues en la matière demeure modeste en comparaison avec l’importance des défis et des enjeux

1.3 Différentes approches de traduction

Selon Guidère (2011),il existe de nombreuses approches explicatives de la traduction

Chaque approche se caractérise par une terminologie propre, des catégories spécifiques et une méthodologie distincte On peut citer :

- Les approches linguistiques : la traduction est une partie de la linguistique avec quatre

branches principales (linguistique théorique avec Les problèmes linguistiques de la

traduction et Linguistique et traduction de Mounin (1963, 1976), Traduction et linguistique

de Schmitt (1981), LinguisticAnalysis and Translation de Firth (1957) ; linguistique appliquée avec A Linguistic Theory of Translation: Essay in Applied Linguistics de Catford (1965) ; linguistique comparée avec LaStylistique comparée du français et de l’anglais de Vinay & Darbelnet (1958) et la sociolinguistique avec Les Fondements sociolinguistiques de

la traduction de Pergnier (1978)

- L’approche herméneutique : la traduction est fondée sur un processus de compréhension

de type empathique avec le représentant Steiner dans After Babel (1975)

- L’approche textuelle : la traduction est étudiée dans le cadre de l’analyse du discours avec

L’Analyse du discours comme méthode de traduction de Delisle (1980), Théories contemporaines de la traduction de Larose (1989)

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- Les approches sémiotiques : l’étude des signes et des systèmes de signification et leur comparaison peuvent contribuer à une meilleure compréhension du sens On peut citer

Jakobson avec Les Aspects linguistiques de la traduction (1959)

- Les approches communicationnelles : l’étude de la traduction s’inspire des sciences le la

communication avec Discourse and the Translator de Hatim & Mason (1990)

- Les approches cognitives : la traduction est envisagée comme un processus de compréhension et de reformulation du sens entre deux langues, intégrant un traitement particulier de l’information Certains chercheurs représentatifs de cette tendance sont Gile

avec Regards sur la recherche en Interprétation de conférence (1995), Séguinot avec The

Translation Process : An Experimental Study (1989) ou Lorscher avec Process-Oriented Research into Translation and Implications for Translation Teaching (1992)

À côté des approches qui désignent une orientation générale des études à partir d’un point de vue disciplinaire particulier, Guidère trouve un certain nombre de théories spécifiques à

la traduction avec des constructions conceptuelles qui servent à décrire, à expliquer ou à modéliser le texte traduit ou le processus de traduction à savoir la théorie interprétative avec la théorie du sens et les processus de traduction de Seleskovitch & Lederer ; la théorie de l’action avec laquelle la traduction est envisagée avant tout comme un processus de communication interculturelle visant à produire des textes appropriés à des situations spécifiques et à des contextes professionnels et est développée par Manttari (1984) ; la théorie skopos selon laquelle

la traduction est envisagée comme une activité humaine particulière, ayant une finalité précise

(le skopos) avec les représentants comme Vermeer dans Skopos and Commission in Translational Action (1989), Nord dans Skopos, Loyalty, and Translation Conventions (1991)

Quant à Munday (2001), il a un autre regard sur la distinction des approches et modèles

de la traduction En effet, il cite l’approche de changement dans la traduction (the translation shift approach) dont les représentants sont Vinay & Darbelnet (1958) avec leurs deux stratégies

et sept procédures de traduction, Catford (1965) qui introduit le terme «shift» (changement) dans la traduction, van Leuven-Zwart (1989, 1990) avec un modèle très détaillé sur l’étude du changement dans la traduction ; l’approche fonctionnelle et communicative dont les représentants sont Reiss (1971) avec la typologie de texte et la fonction du langage dans la

traduction, Manttari (1984) avec la théorie de l’action dans Translatorisches Handeln : Theorie und Methode, Vermeer avec la théorie du skopos et Nord (1997) avec le modèle d’analyse des textes basé sur la théorie fonctionnelle ; l’approche d’analyse du discours et du registre avec An Introduction to Functionnal Grammar de Halliday (1994), Translation Quality Assessment : A

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Model Revisited de House (1997), In Other Words (1992), Discourse and the Translator (1990)

de Baker et Translator as Communicator de Hatim & Mason (1997)

On peut constater que même si Guidère et Munday ont de points de vue différents sur la classification des différentes approches et théories, celles-ci appartiennent généralement à trois grands domaines : linguistique (l’approche textuelle, l’approche sémiotique, l’approche d’analyse du discours et du registre, etc.), communicationnel (les approches communicationnelles, théorie de l’action) et cognitive (l’approche herméneutique, les approches cognitives, la théorie interprétative)

Nous n’avons pas l’ambition d’aborder ici, dans le cadre de ce travail de recherche, toutes les tendances et les approches de la traduction Nous allons donc présenter ci-dessous quelques théoriciens représentatifs de trois grands courants de recherche sur la traduction : linguistique, sociolinguistique et interprétative pour mieux voir leur point de vue sur la traduction et l’évolution dans l’étude de cette discipline

1.3.1 Approche linguistique

Avant d’entrer en détail les approches linguistiques de la traduction les plus connues, il convient de s’arrêter un instant sur ce que l’on entend par linguistique

En 1916, dans Le Cours de Linguistique générale, Saussure a défini la linguistique comme «une

science du langage» qui a pour objet de décrire les langues comme un système de signes linguistiques

(le signifiant et le signifié) et comme l’étude du fonctionnement du langage en tant que système de règles

La linguistique peut affecter la traduction pour les raisons suivantes :

1 L’objet de la linguistique est la langue avec des éléments tels que la phonétique, le vocabulaire, la grammaire Le point de départ et de destination de la traduction est la langue: le traducteur doit travailler avec la LS à l’écrit et à l’oral pour transmettre fidèlement l’information dans la

LC

2 La linguistique notamment la linguistique structurale avec des méthodes de recherche pertinentes, y compris les méthodes de recherche sur les facteurs directs qui ont créé les conditions nécessaires à la traduction La description de la langue de la plus petite unité (phonèmes, morphèmes)

au plus haut niveau (phrase, texte, discours) a montré les caractéristiques de chaque langue pour l’analyse

La théorie de la traduction linguistique néglige presque tous les produits discursifs créés par une société culturelle Toutefois, certains points de vue des théoriciens linguistiques sur la traduction

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ont une certaine valeur Nous allons citer ci-dessous trois branches de l’approche linguistique avec les auteurs représentatifs

1.3.1.1 Approche linguistique théorique

La linguistique théorique est considérée comme une étude scientifique du langage qui a développé le plus amplement ses recherches Son but est de fournir des descriptions des données et

en faire connaître les règles La linguistique au sens large doit mettre en œuvre des modèles de l’utilisation du langage et des processus de la communication linguistique qui doivent expliquer le rôle

du langage dans le contexte interhumain, social C’est surtout de la description de la structure du langage que s’est occupée la linguistique dans ces dernières décennies

1.3.1.1.1 Roman Jakobson et Les aspects linguistiques de la traduction

L’étude d’équivalence de Jakobson a donné un nouvel élan à l’analyse théorique de la

traduction car il introduit la notion de «l’équivalence dans la différence» En se basant

essentiellement sur l’approche sémiotique de la langue, il suggère trois types de traductions:

«1.La traduction intralinguale ou reformulation consiste en l’interprétation des signes linguistiques au moyen d’autres signes de la même langue

2.La traduction interlinguale ou traduction proprement dite consiste en l’interprétation des signes linguistiques au moyen d’une autre langue

3.La traduction intersémiotique ou transmutation consiste en l’interprétation des signes linguistiques au moyen de signes non linguistiques) Ce type de traduction se fait entre les systèmes de signes» (1963 : 79)

Parmi ces trois types, la traduction interlinguale nous intéresse le plus et est définie par cet auteur comme l’interprétation de signes linguistiques sources par d’autres signes linguistiques cibles

En effet, si on traduit un mot français comme «fromage» en vietnamien, on a l’équivalent «phó mát»

Les Anglais et les Italiens ont d’autres signes équivalents comme «cheese» et «formaggio»

Il peut être conclu que la théorie de Jakobson est basée sur son approche sémiotique de

la traduction selon laquelle le traducteur doit d’abord décoder le message de la LS, crée ensuite

le message équivalent dans la LC

1.3.1.1.2 Georges Mounin et Les problèmes théoriques de la traduction

Comme Jakobson, Mounin a tendance à voir la traduction comme une branche de la

linguistique En effet, dans son ouvrage Les problèmes théoriques de la traduction, il dit que

«la traduction, donc, est un contact de langue et un fait de bilinguisme» (1963 : 266).Et plus

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loin encore, il affirme : «certes l’activité traduisant, implicitement n’est jamais absente de la linguistique.»

L’objectif de Mounin est de faire accéder la traductologie au rang de «science» mais il ne voit

pas d’autre possibilité que de passer par la linguistique C’est pourquoi, il revendique pour l’étude scientifique de la traduction le droit de devenir une branche de lalinguistique On peut voir l’influence

de la linguistique théorique dans son ouvrage qui traite des problèmes suivants :

1 Linguistique et traduction

2 Les obstacles linguistiques

3 Lexique et traduction

4 Visions du monde et traduction

5 Civilisations multiples et traduction

6 Syntaxe et traduction Pour étudier ces aspects, Mounin (1976) se base sur les principales théories linguistiques de l’époque (Saussure, Bloomfield, Harris, Hjelmslev) pour affirmer la légitimité d’une étude scientifique

de la traduction

Les caractéristiques de mentalité d’une société présentées dans le texte peuvent ne pas exister dans d'autres et pourraient entraver la compréhension chez ceux qui vivent dans d’autres sociétés Mais, il ne s’agit pas seulement des différences de mentalité, il existe aussi

des différences de la culture matérielle C’est pourquoi, Mounin affirme que «la culture matérielle accentue la coupure entreles mondes, par toutes les différences entre les modes de vie matérielle» (1963 : 63) Ces facteurs posent aussi de grands problèmes pour la traduction

La question de l’intraduisibilité occupe aussi une place importante dans la réflexion de

Mounin, mais sa réponse est nuancée Il dit : «on démontrerait que la cọncidence traductionnelle exacte de deux éléments d’un même champ sémantique, dans deux langues différentes, est presque toujours impossible» (Ibid., 78 - 79) En théorie, les unités de base de

deux langues (phonèmes, monèmes, etc.) ne sont pas toujours comparables

L’approche linguistique théorique dans l’étude de la traduction de Mounin présente en fait l’inconvénient de détacher de la traduction du champ de la linguistique pour la rattacher à celui de la communication, tandis que cette dernière connaỵt aujourd’hui un essor équivalent à celui de la linguistique au siècle dernier

1.3.1.2 Approche linguistique appliquée avec la théorie de traduction de Catford

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La linguistique appliquée est une branche de la linguistique qui s’intéresse davantage aux applications pratiques de la langue qu’aux théories générales sur le langage Pendant longtemps, la traduction a été perçue comme une chasse gardée de la linguistique appliquée L’exemple typique de

cette approche est le livre de Catford intitulé A linguistic theory of translation An essay in applied

linguistics (Une théorie linguistique de la traduction Un essai enlinguistique appliquée), dont le titre

est sans ambiguïté quant à la nature de l’approche

Dans son livre, Catford a défini la traduction comme «une opération réalisée d’un texte dans

une langue par un autre texte dans une autre langue» (1965 :1) Cette définition de la traduction

reflète bien son approche linguistique : «comme la traduction a trait au langage, l’analyse et la

description des processus de traduction doivent recourir essentiellement aux catégories mises en œuvre pour la description des langues» (préface du livre)

La notion d’«équivalence» est fondamentale dans la théorie de la traduction de Catford Pour lui, «le problème central de la pratique traductionnelle consiste à trouver les équivalents de traduction

dans la LC Une tâche centrale d’une théorie de la traduction est celle de définir la nature et les conditions d’équivalence de traduction» (Ibid., 21) Celui-ci (Ibid., 27) classe l’équivalence en

traduction en deux catégories et en fait une distinction assez nette :

- «L’équivalence textuelle» est toute forme de TC dont l’étude permet de dire qu’elle est

l’équivalent d’une forme de TS

- «Lacorrespondance formelle» se compose des différentes catégories de la LC occupant la

même place que celles de la LS

Tout en s’intéressant à des applications pratiques de la langue, Catford propose divers types

de traductions :

1 La traduction «intégrale», par opposition à latraduction «partielle», parce qu’elle

s’effectue au niveau des syntagmes et non pas des mots simples Alors, il y a correspondance formelle lorsque les différentes catégories de la LC occupent la même place que celles de la LS

2 La traduction «totale», par opposition à la traduction «restrictive», parce qu’elle concerne

les niveaux du langage (phonologique, graphologique, grammatical ou lexical) et non pas des usages particuliers Le but que veut atteindre Catford avec la traduction totale est de trouver

des «équivalences textuelles» et leur substitution : «Une équivalence textuelle est tout texte

ou partie de texte dans un langage qui est retrouvée dans un contexte particulier, par des méthodes décrites ci-après, qui sont l’équivalence d’un texte ou d’une partie de texte dans un autre langage donné.» (Ibid., 27)

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Catford (Ibid., 101) suggère qu’il existe deux principaux types de changements de traduction, les changements de niveau dont les éléments ont des niveaux linguistiques (la grammaire) et les changements de catégorie (le lexique) qui sont divisés en quatre types :

1.«Changement de structure», au niveau des règles de grammaire entre la structure de la LS et celle de la LC Par exemple, la phrase en français «J’aime le jazz» avec la structure pronom

sujet + verbe + complément d’objet direct est traduite en italien «mi piace il juzz»avec la

structure complément d’objet indirect + verbe + sujet nominal

2 «Changement de classification», quand un élément de la LS est traduit par un élément de la

LC qui appartient à une classe grammaticale différente L’exemple donné par Catford est «a

medical student» en anglais et «un étudiant en médecine» en français L’adjectif medical du

groupe de mots en anglais est transformé en nom en médecine en français

3 «Changement d’unité», il y a changement quand l’équivalence de la traduction dans la LC est

différente de la LS au niveau de la hiérarchie des unités linguistiques de la phrase, proposition, mot, morphème)

4 «Changement d’intra-système», la LS et la LC possèdent des systèmes qui correspondent

formellement à leur constitution, mais parfois la traduction implique la sélection d’un terme

non-correspondant dans le système de la LC Par exemple, le singulier advice en anglais devient pluriel des conseils en français

Il faut avouer que Catford a appliqué les progrès de la linguistique dans la traduction de façon systémique Pourtant, la typologie de traduction de Catford sera critiquée pour deux raisons : d’une part, parce que les traductologues sont unanimes sur le fait que la traduction totale n’existe pas et qu’il s’agit d’une vue de l’esprit ; en pratique, il n’y a que des traductions partielles parce qu’il n’y a pas d’identité de signification interlinguistique ; d’autre part, parce qu’il s’agit davantage, dans cette typologie, de correspondances formelles que d’équivalences à proprement parler; la traduction ne peut se réduire à la concordance de la forme au contenu des langues visées

Selon lui, il existe deux situations ó la traduction peut s’avérer impossible : l’intraduisibilité linguistique et l’intraduisibilité culturelle L’intraduisibilité provient de l’absence d’équivalents dans la LC et l’intraduisibilité culturelle renvoie à l’absence d’éléments culturels de la LS dans la culture de la LC

Quoi qu’il en soit, l’approche linguistique de Catford appliquée à la traduction reflète surtout l’état de la théorie linguistique à son époque Il n’arrive donc pas à percevoir que la différence provient du lien étroit entre langue et culture, et que, par conséquent, on ne saurait que réduire la traduction à un transfert purement linguistique Il faut attendre l’affirmation de la

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sociolinguistique pour saisir les liens existant entre les niveaux du texte et les réalités textuelles

extra-1.3.1.3 Approche linguistique contrastive avec la traduction comparative de Vinay &

Darbelnet (1958)

L’ouvrage Stylistique comparée du français et de l’anglais (1958) de Vinay & Darbelnet paraît pour la première fois en anglais en 1995 sous le titre de Comparative Stylistics of French and English A Methodology for Translation (une traduction et une édition de Sager & Hamel)

Cette édition est une version révisée de celle de 1958 avec l’appui de Vinay, le seul survivant des deux auteurs Ceux-ci pensent que la traduction est possible par le biais d’une étude comparative de la structure de la paire de langues en présence

À l’époque, l’approche comparative constitue une innovation majeure dans le domaine des études traductologiques, parce qu’elle ne se contente pas de mettre à profit les acquis de la

linguistique mais propose des principes généraux pour traduire C’est une véritable «méthode de traduction»

L’objectif de ces auteurs est très clair Il s’agit pour eux de dégager «une théorie de la traduction reposant à la fois sur la structure linguistique et sur la psychologie des sujets parlants» (Vinay & Darbelnet, 1958 : 26) En effet, à partir des exemples, ils procèdent à

l’étude des attitudes mentales, sociales et culturelles qui donnent lieu à des procédés de traduction

Les analyses faites par Vinay & Darbelnet nous montrent que la comparaison des langues à traduire a une place importante du point de vue de leur fonctionnement à tel point que

la traduction est une branche subsidiaire de la linguistique, si bien que la réflexion traductologique de Vinay & Darbelnet est basée sur les idées de Saussure qui a découvert la

distinction entre langue et parole Ils disent :

«Langue réfère à des mots et des expressions généralement disponibles pour les locuteurs, tout à fait indépendante de l’utilisation qu’ils font d’eux

Une fois que nous parlons ou écrivons, ces mots appartiennent à la parole

Cette différence est importante car la plupart des éléments du langage subit une transformation légère quand ils sont utilisés dans la parole.» (1995 : 5)

La méthode proposée par ces deux auteurs a permis aux traducteurs d’améliorer la façon

de traduire Ceux-ci ont distingué sept procédés techniques de traduction : trois procédés directs

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(l’emprunt, le calque, la traduction littérale) et quatre procédés obliques (la transposition, la modulation, l’équivalence, l’adaptation) La traduction directe consiste à transposer les éléments

de la LS dans la LC, mais lorsque la transposition s’avère impossible à cause des différences structurelles et métalinguistiques entre LS et LC, la traduction oblique s’impose

Vinay & Darbelnet proposent aussi la notion «unité de traduction» comme objet

d’analyse de ces procédés L’unité de traduction, pour eux, est «le plus petit segment de l’énoncé dont la cohésion des signes est telle qu’ils ne doivent pas être traduits séparément»

(1958 : 16) Celle-ci comprend trois volets : le lexique, l’agencement, le message

À partir de cette définition, les deux auteurs distinguent quatre types d’unités de traduction :

1 «Les unités fonctionnelles», qui ont les mêmes fonctions grammaticales dans les

deux langues ;

2 «Les unités sémantiques», qui possèdent le même sens ;

3 «Les unités dialectiques», qui procèdent du même raisonnement ;

4 «Les unités prosodiques», qui impliquent la même intonation

Malgré la pertinence d’une telle approche, elle comporte des faiblesses Le fait que leur ouvrage est essentiellement consacré à la stylistique du français et de l’anglais, comme l’indique d’ailleurs son titre, limite sa portée Il est donc difficile de généraliser des conclusions basées sur la stylistique comparée L’idée d’une approche comparative est intéressante, mais à partir du moment ó Vinay & Darbelnet la ramènent à une analyse stylistique, on peut se demander si une telle approche peut nous éclairer sur les rapports entre langue et culture

Un autre problème réside dans le choix des unités de traduction de Vinay & Darbelnet

Selon Larose «chaque unité de texte n’a de sens que si elle est insérée dans une totalité textuelle» (1989 : 27) Pour lui, «les unités de traduction doivent donc être élevées au niveau macro-textuel et s’inscrire dans une conception plus large de la segmentation des textes, qui ne doit pas être mesurée en termes de séquence linéaire puisque […] le sens d’un texte, pris globalement, dépasse celui des éléments langagiers qui le composent» (Ibid.)

Dans la même perspective, Seleskovitch & Lederer critiquent les unités statiques de

Vinay & Darbelnet, et proposent des «unités de sens» qui permettent une traduction dynamique car «l’unité de sens est le plus petit élément qui permette l’établissement d’équivalence en

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traduction […] Elle apparaît comme le résultat de la jonction d’un savoir linguistique et d’un savoir extralinguistique déverbalisé.» (Lederer, 1994 : 27)

Cependant, cette approche comparative est sans doute intéressante lorsqu’on veut confronter une traduction et son original en vue de faire ressortir les caractéristiques des deux langues en présence Les limites des approches essentiellement linguistiques, à l’instar de celles

de Catford et de Vinay & Darbelnet, montrent la nécessité d’une approche pouvant rendre compte de la possibilité d’une théorie et d’une pratique de la traduction prenant en compte le lien étroit entre langue et culture

1.3.2 Approche sociolinguistique

La sociolinguistique, apparue dans les années 1960 aux États-Unis sous l’impulsion de Labov, Gumperz et Hymes, est considérée comme une branche de la linguistique Elle s’intéresse aux rapports qu’entretiennent entre la société et la langue Elle étudie entre autre la variation linguistique comme manifestation de l’appartenance à une classe sociale, à un groupe, etc ou autrement dit c’est l’étude de la langue dans son contexte social à partir du langage concret Pour la sociolinguistique, la

compréhension d’un énoncé dépasse le cadre linguistique et englobe des facteurs sociaux «Ainsi le

sociolinguiste fait-t-il porter son attention sur le locuteur en tant que membre d’une communauté, en tant que sujet dont le langage peut caractériser l’origine ethnique, la profession, le niveau de vie, l’appartenance à une classe, etc.» (Baylon& Fabre, 1999 : 74)

Ce bref aperçu montre que la différence essentielle entre linguistique et sociolinguistique provient du fait que la première se veut une science du langage, tandis que la seconde porte sur les rapports entre phénomènes linguistiques et sociaux

Il existe sans doute plusieurs approches sociolinguistiques de la traduction (par exemple les approches de Larson 1984, Gutt 1991 et Pergnier 1993) Mais dans le cadre de ce travail de recherche, nous nous intéressons le plus à celles de Pergnier et de Nida qui sont les plus connues Ce sont des personnages les plus importants du XXe siècle en matière de théorie et de pratique de la traduction

1.3.2.1 Maurice Pergnier et Les fondements sociolinguistiques de la traduction

Vu que l’usage du terme «linguistique» est restrictif car on assimile la linguistique à l’étude de la langue comme système tout en oubliant un autre aspect important qu’est la parole, c’est-à-dire la pratique linguistique, qui est toujours caractérisée par les circonstances particulières de la communication et que la traduction opère sur des messages concrets (niveau

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de la parole) et pas sur des systèmes abstraits, il est temps d’avoir une théorie du langage et d’une théorie de la traduction dans lesquelles la langue et la parole sont intégrées C’est la

raison pour laquelle Pergnier a écrit l’ouvrage Les Fondements sociolinguistiques de la traduction

À la base de son étude, la sociolinguiste examine la langue dans son contexte social à

partir du langage concret En effet, elle affirme que «la compréhension d’un énoncé nécessite […] que tous les termes en soient référés correctement aux éléments de la situation qui lui a donné naissance et qui lui confère son sens Sans cette référence, l’énoncé est ambigu pour son récepteur.» (1993 : 46)

Quant à la traduction, Pergnier la considère comme un acte de communication qui opère

sur le message En effet, elle a dit que «traduire consiste à remplacer un message (ou une partie

du message) énoncé dans une langue par un message équivalent énoncé dans une autre»

(1978/1993 : 17) Pour elle, la traduction est une activité verbale qui n’est pas que linguistique

Pergnier (1978 : 2) étudie le caractère vague du terme «la traduction» qui est décrit dans

trois acceptions de la traduction :

1 Le terme désigne un «résultat» - le texte traduit est une traduction

2 Le terme désigne une «opération» - l’opération de reformulation mentale est une

traduction

3 Le terme désigne une «comparaison» - les deux objets comparés sont des traductions

Le point de vue adopté par Pergnier ouvre de nouvelles perspectives pour l’étude de la traduction Le fait que les messages (textes, textes traduits) comme éléments de parole se définissent par rapport à un certain nombre de paramètres extralinguistiques comme l’émetteur,

le destinateur, les conditions spatio-temporelles, etc permet à la chercheuse de situer la traduction dans un cadre assez large

1.3.2.2 Eugène Nida et son approche sociolinguistique

Nida, représentante de l’approche sociolinguistique, est aussi l’un des personnages les plus importants du XXe siècle en matière de théorie et de pratique de la traduction Delisle (1984) range également la théorie de Nida dans la catégorie des théories sociolinguistiques en disant que l’utilisation d’une telle terminologie témoigne du souci de l’auteur de rattacher sa

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théorie de la traduction à celle de la théorie de la communication et d’adapter le message biblique à la mentalité de chaque peuple

Ce qui compte dans la théorie de la traduction de Nida constitue la traduction dynamique

équivalente qui pourrait être décrite comme «l’équivalent le plus naturel pour le message en LS» (Nida, 1964 : 166) Cette définition comporte trois éléments essentiels : équivalent qui se

reflète au message de la LS, naturel qui est le plus proche du message de la LS-langue qui se réfère à la langue du récepteur, le plus proche qui lie les deux orientations ci-dessus à la base du plus haut degré d’approximation

Naturel se réfère à trois aspects du processus de communication :

«1 Un rendu naturel qui devrait répondre à la langue et à la culture du récepteur entier

2 Le contexte du message spécifique

3 Le public récepteur de langue» (Ibid.)

Par conséquent, la traduction ne doit porter aucune trace évidente d’une origine étrangère Une traduction naturelle aurait à faire face à deux principaux domaines de l’adaptation qui est la grammaire et le lexique

L’adaptation grammaticale se déroule plus facilement puisque l’on est obligé de faire des ajustements tels que le changement d’ordre des mots ou l’utilisation des noms plutôt que des verbes dans la langue du récepteur

La structure lexicale du message source est moins facilement adaptée aux exigences sémantiques de la langue réceptrice, car il n’y a pas de règles strictes grammaticales, mais une variété d’options (Nida, 1964 : 166)

«1 Des termes pour lesquels il existe de nombreux équivalents, tels que l’homme, l’arbre et la fleur ;

2 Des termes qui identifient des objets culturellement différents mais similaires de façon fonctionnelle comme la maison, par opposition à «cabane»

3 Des termes qui identifient les spécialités culturelles telles que «knopkierie», «igloo»

et «kleinhuisie».» (Ibid., 167)

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En bref, la théorie de Nida a montré que la traduction se réduit non seulement à une substitution linguistique mais aussi un transfert culturel Mais cette approche sociolinguistique

de Nida ne tient pas suffisamment compte de la fonction de la traduction dans la culture cible qui n’est pas forcément la même que celle de l’original

1.3.3 Approche interprétative

Avant d’étudier ce qu’est l’approche interprétative, il faut avant tout comprendre ce qu’est

l’interprétation En effet, celle-ci est définie comme «la compréhension de la parole et la

reformulation de la compréhension dans une langue différente L’interprétation, qui ne se produit alors qu’après l’orateur a terminé, est une des approches de traduction la plus ancienne dans l’histoire d’activité de traduction.» (Lederer, 2001 : 13)

Les activités de traduction interprétative ont été étudiées par de nombreux savants depuis l’antiquité L’interprétation n’avait pas sa propre théorie jusqu’à l’époque moderne Bien que l’activité d’interprétation soit née à l’Antiquité, elle a commencé à prendre forme en 1917 pendant les négociations du Traité de Versailles La théorie interprétative est inspirée de l’herméneutique qui,

à l’origine, concerne l’interprétation des textes sacrés Jusqu’à présent, Danica Seleskovitch et Marianne Lederer sont considérées comme des chercheuses importantes à l’ESIT2 qui défendent l’approche interprétative

Concernant l’approche interprétative, on a des travaux de recherche comme Interpréter

pour traduire (1986) de Seleskovitch & Lederer, Les fondements sociolinguistiques de la traduction

(1978) de Pergnier, La traduction aujourd’hui (1994) de Lederer et L’Analyse du discours comme

méthode de traduction (1980) de Delisle Ce dernier, à travers des exemples concrets, démontre le

rôle intellectuel que jouent les compléments cognitifs dans l’analyse exégétique de la traduction dite interprétative

De leur côté, les théoriciens de la théorie interprétative de la traduction s’attachent de moins en moins à l’aspect purement linguistique Ils prennent en considération d’autres éléments qui contribuent à la construction du TS et qui doivent trouver leur place dans le TC en conseillant aux traducteurs de ne pas chercher à traduire, de dire ce qu’ils comprennent Pour comprendre correctement, il faut penser à la qualité en laquelle s’exprime l’orateur, penser aux interlocuteurs auxquels il s’adresse, aux circonstances dans lesquelles il parle

Les théoriciens de l’ESIT estiment que la barrière des langues et les malentendus seront réduits si on comprend clairement que traduire c’est interpréter C’est pourquoi, Seleskovitch

construit une nouvelle théorie de traduction qu’elle appelle «traduction interprétative» Elle

affirme qu’il y a une relation entre l’interprétation et la traduction:

2 École Supérieure d'Interprètes et de Traducteurs

Trang 39

«L’interprétation, de caractère oral, et la traduction, qui opère sur l’écrit, représentent bien deux formes d’expression différentes, mais étant donné que toutes deux ont pour objet de transmettre le contenu de messages, la théorisation faite à partir de l’expérience de l’une peut prétendre s’appliquer aux deux et reléguer au niveau des formes d’expression les différences qui les séparent.» (Seleskovitch & Lederer, 1993 : 88)

La préoccupation centrale de l’approche interprétative de ces deux auteurs est la

question du sens Pour saisir le sens, le traducteur doit posséder un «bagage cognitif» qui

englobe la connaissance du monde, la saisie du contexte et la compréhension du vouloir-dire de l’auteur

Maurice Gravier3, celui qui partage cette idée, a affirmé dans son discours prononcé le

25 mai 1977 à la Sorbonne à l’occasion du 20e anniversaire de l’ESIT comme suit :

«Traduire, interpréter, ce n’est pas remplacer des mots par des mots, substituer une première mosạque de mots à une autre mosạque de mots Il faut franchir

la barrière des mots et de la syntaxe, il faut atteindre le sens, il faut comprendre, c’est le premier moment Ensuite, il faut réexprimer, au besoin en oubliant les modes d’expression auxquels recourait l’auteur du texte primitif.»

1.3.3.1 Théorie du sens

La Théorie du sens ou la Théorie interprétative de la traduction, que l’on appelle aussi parfois Théorie de l’École de Paris, repose sur un principe essentiel: la traduction n’est pas un travail sur la langue, sur les mots, c’est un travail sur le message, sur le sens Il s’agit de déverbaliser, c’est-à-dire de rechercher le sens, puis de réexprimer Đinh Hồng Vân a affirmé :

«Le grand mérite de Danica Seleskovitch et de Marianne Lederer, les deux auteurs de cette théorie, est d’avoir démontré l’importance et le caractère naturel de ce processus dans lequel, le traducteur doit disposer d’un certain savoir: la connaissance de la langue du texte, la compréhension du sujet, la maỵtrise de la langue de rédaction, mais aussi une méthode, des réflexes bien éduqués, qui vont lui permettre d’adopter à l’égard du texte l’attitude qui aboutira au meilleur résultat par la recherche d’équivalences, sans se laisser

3 Maurice Gravier, ancien directeur de l’ESIT

Trang 40

enfermer dans les simples correspondances.» (SynergiesPays riverains du Mékong n° 1 - 2010 : 144-171)

Aujourd’hui, tous les traducteurs sont d’accord pour dire que ce qui compte le plus dans

la traduction c’est le sens Pour Seleskovitch, «Le sens c’est l’idée ou si l’on préfère le dire du locuteur, et chezl’auditeur, le compris.» (Seleskovitch & Lederer, 1984 : 256) Le sens

vouloir-ne peut apparaître que dans les réalisations discursives de la langue à partir de l’actualisation de significations

1.3.3.2 Étapes de traduction selon l’approche interprétative

Pour Seleskovitch et Lederer, l’acte traduisant consiste «à comprendre le texte original,

à déverbaliser sa forme linguistique et à exprimer dans une autre langue les idées comprises et les sentiments ressentis» (Lederer, 1994 : 11) C’est-à-dire, l’objet de la traduction n’est plus les

mots Il s’agit du sens que le traducteur doit traiter Face à un texte, le traducteur doit prendre conscience de dégager le sens d’un texte ou d’un discours, ensuite faire reproduire ce texte efficacement en matière de structure et de contexte culturel de la LA Alors, la traduction est considérée comme une identité de sens et de réexpression de celui-ci dans la LA L’exactitude

de la traduction dépend de la correspondance entre le vouloir-dire ou l’intention communicative

et les formes linguistiques utilisées dans la LC Le texte doit remplir le même rôle dans la LA et dans la LD

Ainsi, la traduction est fondée sur trois phases principales:

- Compréhension: décodage des signes linguistiques et saisie du sens

- Déverbalisation: oubli des mots et conservation du sens

- Réexpression: reformulation du vouloir-dire en LA d’une manière claire et exacte en

matière de nuances de la langue et de style

Ces trois étapes sont appelées autant de noms par des théoriciens différents Mais, fondamentalement, ils expriment le même esprit Et dans le cadre de cette thèse, nous allons utiliser les termes choisis par l’ESIT

1.3.3.2.1 Compréhension

La compréhension joue un rôle crucial non seulement dans l’acte de communication mais aussi dans l’acte traduisant En effet, Seleskovitch, dès sa première publication,

Ngày đăng: 06/12/2022, 09:06

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