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Insertion internationale et intégration régionale le vietnam doit il craindre la concurrence chinoise

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Bien qu’annoncée avec le Doi moi, ce n’est qu’à partir de 1995 que la politique d’in-tégration du Vietnam dans le commerce mondial et régional s’est accélérée, avec le dépơt officiel le

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* Auteur correspondant, maỵtre de Conférences, CEPN (UMR-CNRS 7115), Université Paris Nord : 99 avenue J-B Clément, 93430 Villetaneuse E-mail : tranad@seg.univ-paris13.fr.

** Doctorante, CEPN (UMR-CNRS 7115), Université Paris Nord.

Bien qu’annoncée avec le Doi moi, ce n’est qu’à partir de 1995 que la politique

d’in-tégration du Vietnam dans le commerce mondial et régional s’est accélérée, avec le dépơt officiel le 4 janvier de sa candidature d’adhésion à l’OMC, dans la même année

ó il entre dans l’ASEAN Dans ce contexte, notre papier tente d’évaluer les craintes que peut susciter l’insertion rapide de la Chine dans l’économie internationale pour les autres PVD tels que le Vietnam, tout aussi performants en termes d’émergence écono- mique et commerciale Une comparaison par catégorie de produits suggère que la concurrence entre le Vietnam et la Chine sur les marchés internationaux porte essen- tiellement sur quelques articles manufacturés divers et reflète leurs avantages communs dans les produits à forte intensité de main-d’œuvre Elle se retrouve sur le marché inté- rieur vietnamien, ó la menace chinoise porte essentiellement sur des biens manufac- turés de consommation, bien qu’une analyse des échanges bilatéraux révèle un désé- quilibre marqué de la balance commerciale du Vietnam vis-à-vis de la Chine dû à un schéma d’échange inégal (exportations de produits primaires contre des moyens de pro- duction).

Abstract

Although announced with the Doi moi, it is only since 1995 that Vietnam’s integration into international and regional trade has accelerated, with its official candidature for WTO accession, in the same year that it joins the ASEAN In this context, our paper attempts to evaluate fears caused by the catching up process of China for the other developing countries such as Vietnam A comparison by category of products suggests that competition between Vietnam and China on the international markets relies primarily on some various manufac-

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tured goods and reflects their common comparative advantage on labour intensive products The same competition occurs on the Vietnamese domestic market, wherein the Chinese threat concerns some manufactured consumption goods, although an analysis of the bilateral trade reveals a strong imbalance in disfavour of Vietnam due to an unequal exchange of primary products against means of production.

I NTRODUCTION

Depuis l’annonce du Doi moi (« renouveau ») lors du 6eCongrès du Particommuniste vietnamien en décembre 1986, le Vietnam s’est engagé dans undouble processus de transition et de développement Après une tentative deréforme de la monnaie, des prix et des salaires en 1985 qui s’est soldée par uneinstabilité macro-économique et un chaos social, la transition vietnamienne ắté d'autant plus remarquée qu'elle s’est opérée d’une part, dans un contexte decroissance accélérée et de renforcement de la position extérieure du pays et,d'autre part, dans une relative stabilité macro-économique Cette dernière,acquise à partir de 1989 avec l’unification des prix et des taux de change, metfin à une économie hybride plan/marché institutionnalisée par les premières

réformes de 1979 (Le Van et alii, 1998 ; Tran, 1998).

Les avancées importantes que le Vietnam a enregistrées dans son doubleprocessus de transition et de développement se sont accompagnées d’une poli-tique d’intégration croissante dans le commerce mondial et régional Bien qu’an-

noncée avec le Doi moi, ce n’est qu’à partir de 1995 que la politique d’ouverture

du pays s’est accélérée, avec le dépơt officiel le 4 janvier de sa candidatured’adhésion à l’OMC, dans la même année ó il entre dans l’ASEAN Ont suivi

sa participation à l’APEC en 1998, la signature d’un accord commercial ral avec les États-Unis en 2001 et à Vientiane en novembre 2004 d’un accord

bilaté-de libre-échange entre les pays bilaté-de l’ASEAN et la Chine Cet accord « ACFTA »

(ASEAN-China Free Trade Area) créera à l’horizon 2010-2015 la plus grande

zone de libre-échange au monde, avec un marché de près de 1,7 milliards d’habitants et un Produit Intérieur Brut (PIB) équivalent à 2000 milliards US$.Enfin, dans le sillage de cet accord est né le projet d’un pacte « ASEAN + 3 »unissant les dix pays de l’ASEAN à la Chine, le Japon et la Corée du Sud

La concomitance des accords bilatéraux, régionaux et multilatéraux lide le processus de libéralisation de l’économie vietnamienne ; cependant, ellesignifie la soumission à une concurrence internationale exacerbée, renforcéepar l’accession de la Chine à l’OMC en décembre 2001 Ainsi, en s’insérantdans le commerce mondial suivant les mêmes avantages comparatifs que songrand voisin, le Vietnam subit de plein fouet sa concurrence et le fait que celui-

conso-ci bénéficonso-cie d’économies d’échelle lui permettant de produire à très bas cỏts.D’un autre cơté, l’entrée en vigueur dès 2010 (2015 pour les pays moins avan-cés dont le Vietnam fait partie) de l’accord ACFTA aura un impact direct en termes

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de développement des marchés domestiques Par le contexte concurrentielexercé par la Chine, elle influencera le commerce bilatéral sino-vietnamien etles réformes internes du Vietnam.

Dans ce contexte, notre papier tente d’évaluer les craintes que peut ter l’insertion rapide de la Chine dans l’économie internationale pour les autresPays en Voie de Développement (PVD) tels que le Vietnam, tout aussi perfor-mants en termes d’émergence économique et commerciale Il sera consacrédans un second temps à évaluer la concurrence des produits d’importation chi-nois sur le marché domestique vietnamien

susci-L A COMPÉTITION C HINE -V IETNAM SUR LES MARCHÉS INTERNATIONAUX

Transition et développement au Vietnam :

une approche globale

Alors que l’on tendait initialement à le comparer aux anciens pays listes d’Europe de l’Est, la plupart des travaux récents sur le Vietnam le plon-gent davantage dans son contexte régional, tant le pays semble aujourd’huiintégrer le « vol d’oies sauvages », schéma de diffusion géographique du phé-nomène d’émergence économique en Asie de l’Est Avec un taux de croissanceannuelle moyen du PIB de 7,4 % (5,8 % pour le PIB par habitant) entre 1992

socia-et 2002, la bonne performance de transition visocia-etnamienne explique son gration dans le club des pays potentiellement émergents d’Asie de l’Est Lestaux de 7,3 % et 7,7 % enregistrés en 2003 et 2004 confirment que le Vietnamreste la seconde croissance économique mondiale après celle enregistrée par la

inté-Chine, au-dessus de la moyenne de l’ensemble des PVD (Graphiques 1a et 1b).

Au cours de la décennie 90, le niveau du PIB par habitant a ainsi quadruplémalgré une croissance démographique soutenue, atteignant 550 US$ en 20041

contre 1270 US$ en Chine

La croissance du PIB vietnamien depuis le Doi moi est tirée en grande

par-tie par l’industrie, en dépit d’une parenthèse dans les premières années de latransition imputable à la libéralisation de secteurs auparavant réprimés (agri-culture, petites activités de commerce et de service) Sur la période 1992-2002,

le secteur industriel a enregistré un taux de croissance annuelle moyen de11,4 %, avec une contribution majeure du secteur manufacturier (20,3 % duPIB en 20042) Le processus d’industrialisation du pays amène une régressionlente du secteur primaire, tant dans le PIB que dans l’emploi total (respective-ment 21,8 % et 57,9 % en 2004, contre 38,7 % et 72,1 % en 1990)

1 Cf Key indicators of Developing Asia and Pacific countries sur le site www.adb.org.

2 Cf World Bank Development Indicators sur le site http://devdata.worldbank.org.

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Graphique 1a

Taux de croissance du PIB et des exportations au Vietnam (%)

Graphique 1b

Taux de croissance du PIB et des exportations en Chine (%)

Sources : GSO, Banque Asiatique du Développement

À l’instar de ses voisins asiatiques, la croissance vietnamienne s’appuie parailleurs sur une insertion du pays dans le commerce mondial, notamment parl’adoption d’une stratégie de développement tourné vers l’exportation Outre ladécentralisation économique, la libéralisation des prix et l’introduction des

du PIB des PVD Taux de croissance

du commerce mondial Taux de croissance des exportations hor s pétrole Taux de croissance des exportations

du PIB des PVD

Taux de croissance

du commerce mondial Taux de croissance des exportations

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mécanismes de marché, le processus d’ouverture est devenu un pilier desréformes de transition engagées par le Vietnam Emboîtant le pas à la Chine, il

se distingue pourtant des autres PVD par une ouverture graduelle au

commer-ce international : l’intervention directe de l’État sur le volume et la compositiondes échanges extérieurs répond à une volonté de protéger des industriesdomestiques naissantes et de maintenir la disponibilité intérieure de certainsbiens exportables De fait, tous les principaux produits importés et exportésfont l’objet soit d’une réglementation particulière (mise sous tutelle d’agencesspéciales, voire directement du Premier ministre), soit de mesures tarifaires,souvent les deux à la fois (Tran et Cao, 2005) À la suite de la crise asiatique,des protections temporaires ont été également imposées en vue de limiter laprobabilité d’une crise de balance des paiements : restrictions des importations,resserrement du contrôle des changes face aux ressources limitées en devises(Démurger et Goujon, 2001) Les réformes de transition se sont malgré touttraduites par une démonopolisation du commerce extérieur (libéralisation desprocédures et de l’accès au commerce auparavant limité aux seules compagniesétatiques3), la suppression des quotas (sauf sur le sucre et les produits pétro-liers), une simplification du système de droits de douane (introduit en 1989),ainsi que l’unification du taux de change et l’élimination des obligations deremise de devises4

Graphique 2a

Taux de croissance des importations au Vietnam (%)

3 Les entreprises autorisées à commercer avec l’étranger sont ainsi passées de 30 en 1988 à

1 200 en 1994 puis 16 200 en 2001 (Marchés émergents, Revue économique de la DREE,

Taux de couverture Taux d'exportation Taux d'importation

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Graphique 2b

Taux de croissance des importations en Chine (%)

Sources : GSO, UNSTATS

Bien que graduelle, cette politique d’ouverture au commerce international

a amené une forte croissance des échanges extérieurs du pays, avec une gression annuelle des exportations de 21,2 % en moyenne entre 1995 et 2004,

pro-et de 19,5 % pour les importations5(Graphiques 1.1.1a et 1.1.2a) Alors que les

recettes pétrolières ont été et continuent d’être une source majeure de devisespour le pays, le niveau des exportations hors pétrole a néanmoins été multipliépar six sur la décennie 1994-2004 ; une performance comparable à celle de laChine puisqu’elle celle-ci a multiplié par cinq la valeur de ses exportations sur

la même période On s’aperçoit d’autre part que le Vietnam affiche une plusgrande ouverture de son économie : les retombées de la crise régionale surve-nue en 1997 ne provoquent, en effet, qu’une pause momentanée dans la pro-gression régulière des taux d’exportation et d’importation du Vietnam, alorsque les taux chinois n’ont dépassé les 30 % qu’après 2003 Cet écart traduitd’une part la différence de taille et de richesse des deux pays et d’autre part, undécalage temporel dans la mise en application de leurs réformes économiques,

la Chine ayant entamé son processus de transition depuis 1978

Malgré un dynamisme plus important sur les marchés internationaux, lacomparaison des deux pays asiatiques en transition montre le poids encoremarginal du Vietnam dans le commerce mondial et régional La Chine estdevenue le troisième exportateur mondial de marchandises avec une part de6,6 % des exportations mondiales contre à peine 0,3 % pour le Vietnam Le

5 2001 est une année atypique puisqu’elle correspond d’une part, aux attentats du 11 tembre qui ont durement affecté le commerce mondial et d’autre part, à l’éclatement de la bulle spéculative des technologies de l’information porteuses du dynamisme à l’échange

sep-de la zone est-asiatique (UNCTAD, 2003).

Taux de couverture Taux d'exportation Taux d'importation

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déséquilibre se retrouve au niveau régional puisque les poids de chacun ont étérespectivement de 20,1 % et 1 % en 2002 (OMC, 2003) La croissance de l’éco-nomie vietnamienne s’accompagne par ailleurs d’un déficit commercial struc-turel qui n’a cessé de gonfler depuis 2000 ; à l’inverse, le niveau de son taux decouverture et l’accumulation de ses réserves internationales témoignent d’uneposition extérieure plus favorable de la Chine6(Graphiques 2a et 2b) Cepen-

dant, l’évolution du solde commercial vietnamien diffère suivant la structuregéographique de son commerce extérieur : une comparaison des échangescommerciaux du Vietnam et de la Chine révèle des différences importantessurvenues après la crise régionale de 1997, tant du côté des pays clients quefournisseurs

La concurrence entre la Chine et le Vietnam :

analyse géographique

Par suite de l’effondrement du COMECON au début des années 90, leVietnam a accéléré la réorientation de ses échanges vers les économies de marché Les principaux bénéficiaires de cette réorientation ont été les paysasiatiques (Japon et Singapour principalement), avec un pic en 1995 dans leniveau des exportations du Vietnam à destination de ses nouveaux partenaires

de l’ASEAN Toutefois, la part relative de cette zone a commencé à diminuer àpartir de 1998 avec une diversification des marchés à l’exportation du pays,notamment vers l’Union Européenne, la Chine et plus récemment les États-Unis Alors que le Japon était le premier client du Vietnam tout au long desannées 90, la signature de l’accord bilatéral avec les États-Unis amorce unerégression de l’hégémonie japonaise au profit du marché américain Entre 2001

et 2004, les exportations vietnamiennes y ont été multipliées par cinq, faisantdes États-Unis le premier client du Vietnam (20 % de ses exportations totales

en 2004), à égalité avec l’Union Européenne, devant le Japon (14 %) et la Chine(11 %)7 Premières puissances au niveau du PIB régional, ces deux derniers sedisputent également la place de premier marché à l’exportation du Vietnam enAsie de l’Est : après avoir plus que doublé entre 1999 et 2000, les exportationsvietnamiennes vers la Chine devraient encore augmenter, cette dernière ayantaccordé à son voisin le statut de la nation la plus favorisée8

6 En 2004, les réserves de change chinoises ont représenté l’équivalent de 14 mois tation, contre à peu près 9 semaines pour le Vietnam (« La conjoncture économique

d’impor-vietnamienne en 2004 et perspectives 2005 », Missions économiques, Fiche de synthèse,

Ambassade de France au Vietnam, 16 mai 2005).

7 « La conjoncture économique vietnamienne en 2004 et perspectives 2005 », op cit.

8 Ce bond des échanges bilatéraux fait suite à un accord sur le commerce frontalier en 1998, puis un autre portant sur les frontières terrestres en décembre 1999 signés par les deux pays (Pham, 2005).

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Graphique 3

Evolution des parts de marché mondiaux du Vietnam

par rapport à la Chine (1995 = année de base)

Sources : GSO, UNSTATS

L’intégration croissante des deux pays dans le commerce mondial, ainsiqu’une similarité de leur politique d’ouverture, implique leur forte mise en

concurrence sur les marchés internationaux Le graphique 3 retrace (en

rete-nant 1995 comme l’année de base) l’évolution des parts de marché à tion du Vietnam contre la Chine aux États-Unis, Japon, l’Union Européenne et

l’exporta-le groupe des premiers Nouveaux Pays Industrialisés (NPI) d’Asie de l’Est9 Ilsuggère qu’avec sa stratégie de diversification géographique, le Vietnam enre-gistre des gains substantiels à l’encontre de la Chine sur les marchés occiden-taux, ce phénomène s’étant accéléré notamment avec la signature de l’accordcommercial bilatéral avec les Etats-Unis en 2001 Sa percée sur le marché amé-ricain est d’autant plus remarquable que son voisin chinois y a plus que doublé

sa part de marché entre 1995 (6,2 % des importations américaines) et 2004 (14 %),alors même que l’Asie de l’Est y enregistre un recul de 42 % à 37 % (OMC, 2005).Par contre, la concurrence de la Chine s’exerce de manière plus vive en Asie del’Est et traduit son rơle de plus en plus important dans le commerce intra-régional : en raison de ses politiques contra-cycliques et de la stabilité de sontaux de change, de son orientation commerciale tendant à encourager la parti-cipation du pays à une segmentation internationale des processus de produc-

9 Corée du Sud, Hong-Kong, Singapour et Tạwan.

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tion10et de sa taille, faisant de lui un important marché régional (Ng et Yeats, 2003).

À titre d’illustration, son poids dans les importations totales du Japon a quasimentquadruplé durant la décennie 1993-2003, ce qui révèle une pénétration extrême-ment rapide par la Chine du marché japonais11 Enfin, les exportations du Vietnamsont moins concentrées géographiquement: ses trois premiers clients (États-Unis,Japon, Chine) pèsent pour 41,8 % du total en 2004, contre 51,4 % en Chine12

Du cơté des importations, les deux pays asiatiques en transition se ressemblentdavantage par leur forte spécialisation de provenance, avec un poids prépon-dérant de l’Asie de l’Est : en 2004, 78,5 % des achats vietnamiens à l’étrangerproviennent de la région et celle-ci compte en son sein huit des dix principauxpays fournisseurs du Vietnam, les premiers pays occidentaux arrivant à la sep-tième (États-Unis) et neuvième place (Allemagne) Ces derniers sont également

en troisième et cinquième position sur le marché chinois, le Japon et la Corée

du Sud préservant leur première et seconde place L’ancrage régional du Vietnams’est renforcé avec le développement de ses échanges avec la Chine : moinserratiques que ses ventes, les importations du Vietnam en provenance de songrand voisin a connu une progression régulière et ont été multipliées par 6entre 1999 et 2004, faisant de la Chine le premier pays fournisseur du Vietnam

à partir de 2003 au détriment de Singapour Enfin, le pacte ASEAN + 3 prend

de plus en plus de sens au Vietnam dans un contexte ó ses trois premiersfournisseurs asiatiques non membres de l’ASEAN sont la Chine, le Japon et laCorée du Sud (plus de 50 % des importations totales en 200413)

Graphique 4 Structure des IDE entrants par pays d’origine (%)

Sources : www.vneconomy.com et www.adbi.org

10 Exemptions de droits de douane sur les importations de produits intermédiaires qui sont transformés pour être ensuite réexportés, politique d’attraction des firmes des pays industrialisés dans des activités d’assemblage de pièces et composants importés.

11 En 2002, la Chine est devenue le principal fournisseur de marchandises du Japon à la place des Etats-Unis, et dans la même année le principal fournisseur des Etats-Unis à la place du Japon (OMC, 2003).

12 Cf Key indicators of Developing Asia and Pacific countries sur le site www.adb.org.

13 « Le Vietnam et son environnement régional », Missions économiques, Fiche de synthèse,

Ambassade de France au Vietnam, 16 mai 2005.

IDE entrant au Vietnam 1988-2003

Ja pon

1 1%

IDE entrant en Chin e 1983-2002

Reste du monde 19%

Jap on 6%

NPI 1

6 0%

USA 9%

UE-4 6%

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Tout comme elle traduit l’insertion de la Chine dans les systèmes tifs asiatiques, cette forte concentration géographique des importations vietna-miennes trouve son explication dans la structure par pays de son Investisse-ment Direct Étranger (IDE) Selon le Ministère du Plan et de l’Investissement,les engagements en matière d’IDE au Vietnam depuis l’approbation du Codesur l’Investissement Etranger en 1988 auraient atteint un montant total de40,8 milliards US$ fin 2003, montant dont la réalisation s’élève à 24,6 milliards(Leproux et Brooks, 2004) Bien que le pays soit devenu aujourd’hui un lieu

produc-de production attractif pour les investisseurs étrangers, il n’a véritablementacquis cette position qu’après 1994 : partant de 4 % en 1990, le stock d’IDE atrès rapidement franchi 50 % du PIB en 2003, contre 35,6 % en Chine et 31,4 %pour l’ensemble des PVD (UNCTAD, 2004) Les flux entrants ont atteint en

2004 leur plus haut niveau depuis la crise asiatique et cette tendance se suit puisque sur les quatre premiers mois de 2005, le Vietnam a enregistré uneaugmentation de 241 % de l’entrée d’IDE par rapport à l’année 200414 De fait,

pour-il est devenu la quatrième terre d’accuepour-il de l’IDE au sein de l’ASEAN, loin rière Singapour et la Thạlande, mais à un niveau comparable à la Malaisie15

der-En retenant l’ensemble des flux cumulés entre 1988 et fin 2003, on constateque les deux tiers des engagements proviennent du Japon et des premiers NPId’Asie16: Singapour se plaçant au premier rang suivant le montant de capital

engagé et Tạwan suivant le nombre de projets (Graphique 1.2.2).

Les incertitudes législatives et institutionnelles qui accompagnent le cessus de transition expliquent la prédominance des entrées de capitaux étran-

pro-gers sous la forme de joint-venture (53,3 % des IDE engagés sur le période

1988-2001) en quasi-totalité avec les entreprises d’Etat (98 % des projets de

joint-ventures) pour bénéficier de leur traitement préférentiel Toutefois, la

perspective d’une mise en place de l’ASEAN Free Trade Area (AFTA) a amené

une hausse tendancielle des projets d’investissement à capital 100 % étranger,entrant au Vietnam dans le but d’exploiter ses avantages comparatifs De fait,ces IDE, de montant relativement faible, représentent seulement 33 % du mon-tant de capital engagé mais 61 % du nombre de projets et s’orientent vers desindustries légères et des activités d’assemblage final à faible valeur ajoutée(Leproux et Brooks, 2004) Mais compte tenu du manque de disponibilité desintrants dans le pays et du fait que les entreprises étrangères sont celles qui uti-lisent la proportion la plus élevée d’intrants importés (80 %), toute nouvelleentrée d’IDE au Vietnam se traduit nécessairement par une hausse des impor-

14 « La conjoncture économique vietnamienne en 2005 », Missions économiques, Fiche de

synthèse, Ambassade de France au Vietnam, 16 mai 2005.

15 Marchés émergents, Revue économique de la DREE, n°60, 18 novembre 2004.

16 Le Japon, Tạwan et la Corée du Sud représentent 46 % des engagements d’IDE au

Vietnam en 2004 (« La conjoncture économique vietnamienne en 2005 », op cit.).

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tations Ce qui explique la différenciation géographique du solde commercialvietnamien: un déficit commercial structurel avec les pays asiatiques (principauxinvestisseurs étrangers dans le pays), partiellement compensé par son excédentavec les pays occidentaux.

La concurrence entre la Chine et le Vietnam :

analyse par type de produits

Une comparaison de la structure des échanges par catégorie de produits nouspermet de détailler ceux pour lesquels le Vietnam serait soumis à la concurrencechinoise sur les marchés internationaux La structure d’exportation du Vietnamreflète une économie encore à un stade primaire de développement : la richesse enressources naturelles du pays explique la prépondérance des produits primaires(pétrole brut, produits de la mer, riz, café, caoutchouc, noix de cajou, fruits etlégumes, poivre17), bien qu’une restructuration en faveur des industries manu-

facturières produise ses effets à partir du milieu des années 90 (Tableau 1) Ce

phénomène se traduit notamment par le poids des produits artisanaux dans lesarticles manufacturés divers, la montée des articles de confection et l’arrivée d’unnouveau secteur « phare », celui des chaussures : inexistant au début de la tran-sition, ce dernier se classe parmi les premiers postes d’exportation sous la pulsion

du secteur non-étatique local et celui des IDE (Tran et Cao, 2005) L’émergencedes produits électroniques traduit de son côté l’insertion récente du Vietnamdans les réseaux de production asiatiques, phénomène permis par la fragmenta-tion du processus de production dans la filière

En parallèle au processus d’industrialisation, les importations sont tuées à 79 % de biens manufacturés, essentiellement des moyens de produc-tion, le poids des biens de consommation dans les importations totales chutant

consti-de 15,2 % en 1995 à 7,9 % en 2002 (GSO, 200418) Tout comme en Chine, lesdeux premiers postes d’importation sont occupés par les machines et matériel

de transport ; l’importance croissante des biens intermédiaires et pièces chées traduit tant l’émergence des activités d’assemblage (automobile, moto-cycles et produits électroniques) que la percée continue du secteur textile-habillement dans lequel le Vietnam demeure un importateur net

déta-Avec un secteur industriel qui contribue à plus de 50 % du PIB, la part des duits manufacturés atteint en Chine près de 92 % de la valeur des exportations

pro-17 Le Vietnam est le premier exportateur mondial de poivre et le deuxième sur les marchés

du riz, café et noix de cajou (cf « Le commerce extérieur du Vietnam en 2004 », Missions économiques, Fiche de synthèse, Ambassade de France au Vietnam, 16 mai 2005).

18 Ces chiffres officiels ne prennent pas en compte le commerce clandestin à la frontière sino-vietnamienne, qui a induit une concurrence extrêmement vive sur le marché inté-

rieur vietnamien (cf infra).

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totales en 2003 La progression des exportations chinoises est portée par lesproduits électroniques et électriques au détriment des produits primaires ; ilsdépassent désormais les articles de confection dont le poids a reculé Point depassage obligé de tout développement économique, l’industrie du textile-habillement a porté l’insertion internationale de la Chine dans les années 80 etl’a fait accéder au rang de premier exportateur mondial de vêtements avec plus

de 60 % des exportations des PVD (Fouquin et alii, 2002) La part du textile a

connu son apogée en 1994, année à partir de laquelle les exportations de duits électroniques l’emportent en dynamisme La percée chinoise dans l’in-dustrie textile s’est appuyée sur les opérations de délocalisation en Chine desusines de production des économies asiatiques avancées, d’abord en aval puis

pro-en amont ; ce qui a permis une remontée de filière dans ce secteur Le mêmephénomène semble se reproduire dans le secteur du matériel électrique et élec-tronique depuis la décennie 90, la délocalisation concernant pour l’heure les

stades de production aval (Gaulier et alii, 2005) L’essentiel des échanges

chi-nois de produits de haute technologie provient, par conséquent, de ces tions d’assemblage de pièces et composants importés (assurées à 80 % par lesentreprises à capitaux étrangers) et correspond à du commerce intra-firme(approvisionnement des filiales installées en Chine par leurs maisons-mères) :

opéra-ce qui contribue à accroître l’interdépendanopéra-ce du pays avec les autres naires de la région

Produits manufacturés 22,57 53,09 82,82 82,06 79,49 91,85 65,38 78,31

Machines et matériel de transport 3,28 8,89 38,17 46,72 15,51 42,84 22,92 31,58

Produits non classés 0,21 0,61 0,73 0,31 0,52 0,22 0,46 0,82

Trang 13

Vietnam sur quelques produits clés (Tableau 2) Outre le fait de porter le

dyna-misme à l’échange du pays, la majorité d’entre eux sont sur la liste des produitsd’exportation prioritaires retenus par le gouvernement vietnamien dans sesobjectifs d’exportation Par exemple, bien que modeste (0,22 % en 2003), lapart des exportations de produits électroniques du Vietnam dans l’ensembleASEAN + 319 a été multipliée par 22 entre 1995 et 2003, contre 4,6 pour laChine Dans le même ordre d’idée, la Chine représente en 2003 plus de la moi-tié des exportations de l’ASEAN + 3 dans les sept produits retenus (à l’excep-tion des produits aquatiques et électroniques), mais c’est le Vietnam qui l’em-porte en termes dynamiques : ce qui induit un gain relatif des parts de marché

du Vietnam vis-à-vis de la Chine

19 Selon le dernier rapport de l’OMC (2005), la catégorie de produits la plus dynamique en Asie de l’Est est également celle qui a été la plus dynamique au niveau international : durant la décennie 90, le matériel de bureau et de télécommunication a crû de 10 % par

an, soit deux fois plus vite que le commerce total de produits manufacturés.

Part 03 dans ASEAN +3

Part 95 Part 03

Part 03 dans ASEAN +3

Part 95 Part 03

Part 03

da ns ASEAN +3

Part 95 Part 03

Part 03 dans ASEAN +3

Ngày đăng: 18/10/2022, 16:17

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