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Michelangelo and the human form (french version michel ange et la forme humaine sa connaissance et son utilasion de lanatomie

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Thông tin cơ bản

Tiêu đề Michelangelo and the Human Form (French version Michel Ange et la forme humaine sa connaissance et son utilisation de l'anatomie)
Tác giả James Elkins
Trường học Université de Chicago
Chuyên ngành History of Art and Anatomy
Thể loại Article
Năm xuất bản 2023
Thành phố Chicago
Định dạng
Số trang 11
Dung lượng 68 KB

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Nội dung

Partant de cet échantillon complet, le nombre de cas dans lesquels Michel-Ange a inventé ou modifié des formes anatomiques est extrêmement faible: il n'est que de qua-tre qui n'impliquen

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MICHEL-ANGE ET LA FORME HUMAINE :

SA CONNAISSANCE ET SON UTILISATION DE L'ANATOMIE

par James Elkins

Les observations suivantes qui ont trait à l'histoire de l'art sont extraites et abrégées d'un manuscrit récemment achevé sur l'anatomie de surface Ce manuscrit étend deux champs de la connaissance, l'anatomie médicale de surface et l'anatomie artistique, à un niveau de détail tel qu'ils peuvent servir à comprendre la totalité des

re-liefs de la surface du corps qui normalement s'observent in vivo ou en art Les

princi-paux exemples utilisés dans cet ouvrage et sur lesquels s'appuie la démonstration de ses résultats sont les œuvres de Michel-Ange Comme ce travail a été rédigé en faisant appel à la terminologie médicale et comme il se propose de servir à l'analyse des reliefs

de surface en général, il a nécessairement amené à des observations sur l'usage et la connaissance de l'anatomie par Michel-Ange qui ne pouvaient pas trouver une place appropriée dans le texte lui-même Certains résultats préliminaires sont résumés dans cet article

Tout d'abord, il est démontré que les deux idées suivantes répandues sont fausses, à savoir :

1 que Michel-Ange aurait modifié ou inventé des muscles dans un objectif d'ex-pressivité

2que les connaissances qu'il avait de la dissection expliquent les formes anatomiques complexes de ses figures

A la suite de l'examen de ces deux points deux questions centrales sont traitées:

1 Quel était le niveau des connaissances anatomiques de Michel-Ange?

2 Comment a-t-il utilisé sa connaissance de la dissection?

L'article défend l'idée que les formes anatomiques utilisées par l'artiste démontrent des influences croisées issues de trois sources: l'observation de modèles vivants, la dissection et l'Antiquité En outre, il est suggéré qu'il s'est servi de ses connaissances anatomiques pour trois utilisations distinctes

Plusieurs observations sur la signification de l'étude des reliefs de surface dans la compréhension de Michel-Ange concluent cet article

Son but principal est simplement d'établir une série de faits sur les parties de l'œu-vre de Michel-Ange dans lesquelles interviennent l'observation du vivant et les études

de dissection Des thèmes plus vastes, comme la signification des formes anatomiques

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chez Michel-Ange, leur utilisation comme symboles et leur développement sous forme

de langage, ne sont pas abordés ici, mais apparaissent implicitement à l'occasion des analyses de son œuvre

La plupart des termes d'anatomie et tous les arguments requérant des connais-sances médicales spécialisées, sont fournis dans les notes

1 QUE MICHEL-ANGE AURAIT MODIFIÉ OU INVENTÉ DES MUSCLES DANS

UN OBJECTIF D'EXPRESSIVITÉ

Ce point est réfuté par une étude statistique des œuvres de Michel-Ange qui ont subsisté Parmi celles-ci, une centaine de figures environ (sculptées, peintes ou dess-inées) présentent des détails anatomiques intéressants Sélectionnées dans cette cen-taine, environ quatre-vingt œuvres sont analysées dans le livre jusque dans les plus pe-tits reliefs visibles Le caractère approfondi des analyses est démontré par le fait que la nomenclature médicale d'anatomie de surface qui compte environ six cents termes a dû être augmentée jusqu'à plus de huit cents afin de couvrir certains détails du corps hu-main représentés par l'artiste Environ cinquante des formes reproduites sont si subtiles qu'elles ne portent pas de nom, que ce soit dans l'anatomie artistique ou médicale En utilisant ce vocabulaire élargi, il a été possible d'identifier chaque forme présente dans les quatre-vingt œuvres, à trois exceptions près, chacune faisant l'objet d'un essai d'identification

Partant de cet échantillon complet, le nombre de cas dans lesquels Michel-Ange a inventé ou modifié des formes anatomiques est extrêmement faible: il n'est que de qua-tre qui n'impliquent que neuf muscles En termes statistiques, il s'agit donc de moins de 0,16% de l'échantillon Dans chaque cas, les changements sont si spécifiques (trois des

cas ne concernent que des parties de muscles) et uniques par rapport au reste de

l'œu-vre qu'ils ont pu être délibérés

Dans trois des quatre cas, il est possible de suggérer une raison spécifique pour laquelle Michel-Ange a voulu modifier les formes L'un de ces exemples est montré planche 11 Ici, les quelques quinze formes autour du poignet sont toutes précises sur

le plan anatomique, ainsi que le muscle marqué 1 Son extension à la zone marquée 2

est une invention Nous savons d'après des représentations de mains beaucoup plus détaillées que Michel-Ange n'était pas seulement conscient de ce manque de naturel dans l'extension, mais qu'il connaissait la forme exacte de la limite naturelle du muscle

1 L'effet de cette modification est de rendre la main plus massive, et c'est la seule con-tribution anatomique à la massivité générale des mains du David due par ailleurs aux

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proportions Ici, l'anatomie témoigne d'une stratégie créatrice alternative utilisée pour

produire un résultat attendu

Le quatrième cas de formes anatomiques modifiées ou inventées n'offre aucune explication apparente immédiate justifiée par l'expressivité, bien que demeure une pos-sibilité de retouche ultérieure par une autre main qui a pu oblitérer une représentation précise à l'origine La planche 12 illustre cet exemple Ici, la torsion du bras est si ex-trême qu'elle va au delà de ce que les textes médicaux accordent à sa limite normale

de rotation, bien que tous les détails de la partie supérieure du bras restent absolument

précis Sur l'avant-bras, un sillon entre 1 et 2 marque la position de l'un des os, et divise

l'avant-bras en deux groupes de muscles Celui de droite montre la torsion attendue,

observée sur modèles vivants A gauche (3) les torsions attendues sont absentes,

rem-placées par une surface lisse Si une retouche - à la suite de la mutilation du bras - n'en est pas la cause (l'auteur n'est pas compétent pour en juger, mais suspecte que ce n'est pas le cas), il est difficile de comprendre pourquoi une figure présentant des con-torsions aussi violentes aurait présenté dans quelque but que ce soit une surface droite, lisse et sans interruption à cet endroit

En conclusion, il est surprenant de constater que le contraire de l'affirmation con-sidérée s'impose dans toute sa vérité De façon répétée au cours des recherches menées pour ce livre, des particularités curieuses se sont révélées éventuellement anatomiquement normales, même si elles étaient si peu importantes et si obscures que cinq siècles de médecine occidentale n'avaient pas éprouvé le besoin de leur donner un nom

2 QUE LES CONNAISSANCE QU'IL AVAIT DE LA DISSECTION EXPLIQUENT LES FORMES ANATOMIQUES COMPLEXES DE SES FIGURES

Cette affirmation sera examinée en deux parties : d'abord que la possibilité qu'une connaissance de la dissection se soit manifestée d'elle-même dans une représentation des structures profondes, puis dans la représentation des formes de surface

Si Michel-Ange s'appuyait fortement sur sa connaissance de la dissection, nous pourrions nous attendre à ce que les formes des muscles et autres tissus profonds

soient représentés dans ses œuvres comme les muscles superficiels visibles in vivo Il

est généralement admis par les artistes anatomistes qu'il existe bien une catégorie de

"structures profondes", et qu'elle influe sur la surface de manière notable par les dessi-nateurs expérimentés Mais une telle catégorie de "structures profondes" existe-t-elle vraiment?

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Passer en revue l'ensemble des muscles et des formes analysées chez Michel-Ange montre que cette catégorie est en fait très étroite Les muscles ne se présentent pas toujours en couches, et lorsqu'ils le sont, les muscles profonds le sont générale-ment tellegénérale-ment qu'ils n'exercent aucun effet sur la surface.On n'observe pratiquegénérale-ment

aucun cas dans lequel les muscles profonds peuvent parfois affecter la surface, de

façon subtile Les recherches menées pour le livre n'ont montré que deux cas dans lesquels Michel-Ange a dépeint des structures universellement considérées comme

in-visibles in vivo L'un de ces cas a fait l'objet d'une démonstration sur modèle vivant

dans les cours de l'auteur

Il est probable que le postulat de l'existence de "structures profondes" trouve son origine dans la complexité souvent bizarre des reliefs de surface de certaines figures de Michel-Ange Une seule partie d'une de ces figures peut souvent présenter un nombre

de reliefs de surface comparables à ceux du corps entier d'un modèle moyen vivant Cette complexité est néanmoins due aux types de modèles qu'utilisait Michel-Ange, et non à une connaissance de "structures profondes."

Il a pu, bien évidemment, utiliser sa connaissance de la dissection même si la

to-talité de son vocabulaire formel est observable in vivo Les trois catégories suivantes de

formes de surface suggèrent que, même dans ce cas, sa source était l'observation, et non la dissection

1 Cas dans lesquels les œuvres de Michel-Ange présentent des détails anatomiques non observables à la dissection Les exemples comprennent la très impor-tante catégorie de cas dans lesquels les reliefs de surface sont produits par des

mus-cles en action Fréquemment, les configurations des musmus-cles actifs semblent si

dif-férentes de l'apparence des muscles inactifs qu'il est difficile de trouver un lien entre les deux Dans le dessin de la planche 13, les muscles sont tendus et actifs et avec un tel degré de violence qu'ils n'ont que peu de ressemblance avec leur apparence à la dis-section (planche 14) Leur extrême activité fait même ressortir des faisceaux de fibres

dans chaque muscle pris individuellement (1, 2, 3) normalement invisibles in vivo même

lorsque les muscles sont actifs Ces faisceaux apparaissent-ils à la dissection? Non, car dans ce cas, lorsque ces muscles sont au repos, ils semblent massifs et lisses, sans que l'on puisse imaginer les formes ou les faisceaux qui peuvent apparaître au cours d'une action

2 Cas dans lesquels sont reproduites des particularités difficiles à disséquer même pour les anatomistes d'aujourd'hui Les exemples en sont les aponévroses (minces membranes de fibres non élastiques) qui adhèrent aux muscles et aux os et

sont facilement détruites à la dissection Planche 15, le muscle 1-2 est traversé par un sillon droit (3) dû à une aponévrose qui recouvre la totalité du muscle, et est bandée par

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l'action d'autres structures, comme le muscle en 4 Il se trouve ici qu'elle est plus

forte-ment tendue sur ce modèle et génère un sillon unique Une dissection de cette zone ne montrerait que les muscles de la jambe recouverts par une membrane lisse et brillante sans caractéristiques marquées mais qui, adhérant à une bonne partie des structures inférieures et supérieures, rendrait la dissection difficile

3 Cas dans lesquels les particularités décrites sont si obscures qu'elles n'ont pas

encore reçu de nom à ce jour Certaines sont visibles in vivo, mais englobées dans leur milieu lorsque la peau est retirée Dans la planche 16, les zones marquées 1 et 2 sont provoquées par de petites surfaces d'attachement des grands muscles 3-4 aux

omo-plates Ces zones ne sont pas nommées, de même que celles sur lesquelles elles

s'at-tachent A la dissection elles apparaissent dans la continuité du reste du muscle 3-4.

En résumé: La converse de chacune des deux affirmations analysées montre le caractère de l'utilisation de l'anatomie par Michel-Ange:

1Il était extrêmement précis dans ses descriptions anatomiques, ne modifiant ni n'inventant pratiquement jamais de structures

2Son œuvre qui représente des reliefs complexes n'apporte aucune preuve di-recte de dissection Elle montre plutôt de nombreuses preuves de l'évidence de l'obser-vation de modèles vivants (Ce point sera modifié ci-dessous pour prendre en compte l'utilisation par l'artiste de la dissection.)

QUELLE ÉTAIT LA CONNAISSANCE DE L'ANATOMIE PAR MICHEL-ANGE?

Il est connu que Michel-Ange avait l'intention de rédiger un traité qui aurait proba-blement eu l'anatomie comme sujet principal Il avait étudié l'anatomie et réalisé des dissections à plusieurs moments de sa vie, et était à l'évidence fier de sa maîtrise dans

ce domaine Il ne convient pas ici de reprendre ces faits qui ont été établis plus com-plètement que l'auteur ne pourrait le faire Il est possible néanmoins d'enrichir les docu-ments relevant de l'histoire de l'art en examinant la preuve de sa connaissance de l'anatomie à partir des œuvres elles-mêmes

La première source qui s'impose est celle des dessins dans lesquels Michel-Ange

a lui-même marqué les muscles Leur étude conduit aux observations suivantes:

1Des symboles identiques sont utilisés pour plus d'une structure

2A l'inverse, plus d'un symbole peut être utilisé pour une même structure

3Treize des symboles utilisés se réfèrent à des muscles; trois à des os; deux à des muscles ou des os; et un à une articulation

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Deux conclusions peuvent être tirées de ces faits.

1Le plus probablement, Michel-Ange ne possédait pas de système anatomique faisant appel à des symboles Comme le prouvent les croquis existants, s'il en disposait

il avait déjà cessé de l'utiliser régulièrement en 1504, date des plus anciens dessins marqués

2Il semble improbable que les symboles aient été mnémoniques, utilisés soit pour identifier les structures quand le point de vue changeait soit pour rappeler à lui-même

ou à un étudiant quelque caractéristique importante L'observation confirme que les structures pour lesquelles nous disposons de marques sont situées dans les parties du corps les plus difficiles et le plus soumises à des variations d'aspect, celles qui ont tou-jours le plus gêné les artistes anatomistes: l'épaule, l'aisselle, le genou et la hanche

Le fait que tous les dessins ainsi marqués parvenus jusqu'à nous,, représentent des formes grandes et simples (à la différence, par exemple de la planche 17) est un argument supplémentaire pour conclure que Michel-Ange ne possédait ni les connais-sances scientifiques ni la terminologie pour décrire les reliefs les plus complexes qu'il utilisait, bien qu'il soit montré dans le livre qu'il connaissait et utilisait les reliefs les plus petits La preuve de cette affirmation repose sur la découverte de l'existence d'un nom-bre spécifique de formes, environ 2 000, qu'il a utilisées tout au long de sa vie, et que lui comme tout autre observateur de son travail arrive rapidement à connaître et recon-naître Les implications de ce fait sortent du cadre de cet article

Les tentatives de montrer le degré des connaissances anatomiques de

Michel-Ange en analysant chaque œuvre non marquée, renforce simplement la conclusion

ex-primée ci-dessus, à savoir que l'observation, et non la dissection, est à l'origine de la plupart des reliefs de surface Un exemple d'analyse de ce type est fourni ici Le croquis

pour la Victoire (planche 17) a été choisi pour tenter de mettre à profit une suggestion

de Leo Steinberg selon lequel on pourrait trouver trois sources identifiables aux formes anatomiques de Michel-Ange: la dissection, l'observation et l'Antiquité On sait que

Michel-Ange avait admiré le Torse du Belvédère, retenu pour la comparaison

L'exem-ple démontre l'impossibilité de répondre à la question, et illustre la richesse et la com-plexité de réflexion que l'on peut trouver dans un seul croquis lorsqu'il est examiné de cette façon

En termes d'anatomie basique, la moitié supérieure du dessin est une étude de déformations apparentes des côtes provoquées par les muscles qui les recouvrent Deux muscles sont impliqués: l'un vient du dos de l'omoplate (1) et se fixe aux côtes sur

le côté Il occupe ainsi un triangle entre 1, 6, 7, 8, 9 Le second recouvre le premier

ainsi que le reste du bas du dos Son bord avant est la ligne qui figure juste à gauche

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de 6, 7 8 et 9 Ainsi le premier muscle ressort de dessous le second uniquement à

l'en-droit ó il se rattache aux cơtes L'un des objectifs de l'étude aurait pu être de voir ce qui se passe lorsqu'une cơte, par exemple la huitième, ne se trouve que sous le second

muscle (2), la seconde et la première (3), la première seulement (8) et aucune d'entre elles (4) Son axe habituellement droit est subtilement déformé (2, 3, 8, 4).

Une comparaison avec la planche 18 révèle des similarités dans les proportions et les grandes formes Les deux œuvres partagent également plusieurs détails anatomique plus fins, statistiquement inhabituels Dans le dessin, la grande zone autour

de 2, et les formes précises de 8, 9 et 10 (cette dernière non visible sur la photogra-phie), correspondent toutes à des caractéristiques du Torse du Belvédère Des

paral-lèles similaires peuvent être également trouvés entre d'autres œuvres de Michel-Ange

et des sculptures grecques et romaines, mais dans chaque cas connu de l'auteur, les formes peuvent aussi être identifiées sur des modèles vivants Ainsi, bien que l'exis-tence de l'influence soit évidente, il reste impossible de décider si Michel-Ange se

rap-pelait de ces formes directement à partir du Torse, ou s'il les avait vues sur un modèle

vivant et enregistrées en souvenir conscient ou inconscient de l'œuvre antique

Une situation similaire s'observe par rapport aux formes qu'il a pu connaỵtre par un

processus de dissection Les formes 11 et 12 montrent les cơtes qui apparaissent à travers les deux muscles A l'avant, 13, le second muscle s'écarte du premier en se rap-prochant du bras, et les reliefs des cơtes disparaissent Cette distinction est rare in vivo

de même que les aspects exacts de formes comme 7 et 8 et 9 Sont-elles des preuves

de connaissances issues d'une dissection? Non, car dans chacun des cas leur aspect exact est provoqué par la graisse sus-jacente Dès que l'on écarte la peau et la graisse superficielle pour voir les muscles, ces formes changent complètement d'aspect, ce qui suppose qu'elles ont été observées en dehors de toute dissection

En conclusion, il semble raisonnable d'admettre que sans une connaissance des formes des cơtes, Michel-Ange n'aurait pu dépeindre leur déformation de manière si

na-turelle et cohérente, et sans avoir connu le Torse du Belvédère, il n'aurait pas abouti à

de nombreuses formes de son dessin Cependant il est apparent que la dissection et le modèle antique ont été dépassés et transformés par une observation aiguë de ce mod-èle particulier Ce qui est intéressant ici est la lecture plus riche de l'œuvre rendue pos-sible par une étude de l'interaction de l'observation, de la dissection et des souvenirs du

Torse Ce mélange, qui rend le dessin intéressant à ce niveau, rend également

impossi-ble l'évaluation de l'étendue de la connaissance de la dissection par Michel-Ange

COMMENT MICHEL-ANGE A-T-IL UTILISÉ SA CONNAISSANCE DE

L'ANATOMIE?

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Michel-Ange n'aurait pas étudié l'anatomie, parlé de son importance ni fait de dis-sections si elle n'avait pas présenté pour lui une signification autre que symbolique ou philosophique Elle doit avoir joué dans son œuvre un rơle évident

En fait, elle apparaỵt de trois manières distinctes La première et la seconde sont liées à l'observation La planche 17 démontre la première: Michel-Ange utilisait sa con-naissance de l'anatomie pour comprendre et articuler des reliefs de surface délicats La seconde utilisation apparaỵt dans la planche 19

Ici, les deux omoplates du modèle ont dû présenter des formes très difficiles à saisir L'omoplate gauche est rendue par un entremêlement apparemment chaotique de

formes (1,2,3,4,5) Certaines d'entre elles semblent anatomiquement impossibles, comme la curieuse forme en barre en 2, mais elles peuvent toutes être analysées et

il-lustrent des muscles réels L'autre omoplate est vue en un raccourci extrême Du fait

de la pose, la partie qui normalement s'avance est rejetée dans un profond sillon (6).

Celui-ci est en fait en forme de crayon, mais son raccourcissement le fait apparaỵtre

presque rond Les muscles comprimés à la base de l'omoplate (7) rendent son

ex-trémité inférieure invisible

Dans la fresque de la planche 20, Michel-Ange a utilisé sa connaissance de l'as-pect des omoplates en dissection pour clarifier ces formes Il a aplati la surface de l'omoplate gauche et accentué ses deux cơtés: là ó les muscles recouvrent

l'articula-tion elle-même (1), et le bord arrière Notons que la ligne blanche peinte pour marquer

ce bord arrière ne correspond pas à ce qu'il avait observé et dessiné pour le croquis

Sur l'autre omoplate, il a adouci le creux inattendu et peu courant (3) et peint le bas de l'omoplate pour indiquer sa disparition sur le cơté (4) Ainsi la seconde utilisation d'une

connaissance acquise en dissection a permis de simplifier des formes d'une complexité indésirable dans la réalité

La troisième façon dont cette connaissance apparaỵt est en relation avec le dessin

de mémoire Il est essentiel pour la bonne compréhension artistique de Michel-Ange de savoir qu'il pouvait créer des figures à partir de son imagination et à volonté Cette ca-pacité n'est pas abordée fréquemment et ceci pour plusieurs raisons, dont celle que ces figures inventées sont réalisées avec un tel talent qu'elles ne se distinguent souvent pas, même aux yeux d'artistes, de ses figures réalisées d'après l'observation L'anatomie des reliefs de surface fournit une aide significative dans ce domaine puisque

le vocabulaire des formes mémorisées de Michel-Ange est distinct et se compose en grande partie de formes mémorisées lors de dissections

La planche 21 a été exécutée essentiellement d'après nature, mais la jambe est

une création d'imagination Elle présente une forme (1) excessivement rare in vivo mais

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évidente à la dissection, et deux muscles réunis (2 et 3) qui apparaissent plus claire-ment que d'habitude in vivo D'autres œuvres d'imagination décrivent ces formes et

d'autres Un tel vocabulaire formel pourrait être recensé, ce qui faciliterait l'identification des dessins d'imagination Par ailleurs, on pourrait montrer que ces formes correspon-dent à la manière dont l'artiste lui-même dessinait les cadavres Les simplifications spé-cifiques et inhabituelles de ces études de dissection se retrouvent dans les dessins d'imagination

A chaque fois qu'ils apparaissent dans l'œuvre de Michel-Ange, ces recours divers

à la dissection présentent une caractéristique commune: les formes sont simples On n'y retrouve aucune des étonnantes complexités de ses observations d'après nature Elles sont remplacées par des clarifications égales et opposées (phrase à éclaircir?) C'est une indication supplémentaire que les reliefs de surface complexes de Michel-Ange ne peuvent être attribués à la dissection

Pour résumer ces deux derniers points: hors la découverte de nouveaux docu-ments écrits, il est impossible d'évaluer exactement le niveau des connaissances anatomiques de Michel-Ange, mais il est possible de comprendre ce qu'il a tiré de ses études: un vocabulaire formel simplifié applicable à trois situations distinctes dans son œuvre

CONCLUSIONS

Robert Beverly Hale a remarqué que n'importe qui, aujourd'hui, peut connaître au-tant d'anatomie que Michel-Ange après plusieurs années d'études et quelques dissec-tions Tout manuel fournit rapidement les informations que l'artiste mit des années à réunir Nous ferions peu de cas de la réussite de Michel-Ange si nous lions les formes

de ses figures à une connaissance de la dissection ou (ce qui est encore moins défend-able) à des déformations et inventions libres et expressives Michel-Ange a excellé bien au-delà de ce que nous pourrions imaginer dans un talent si simple qu'il échappe au crible de la recherche: la capacité d'observation La précision anatomique de ses fig-ures n'est pas due à la dissection mais à l'observation, et en fait l'observation est si pénétrante qu'elle bloque toute tentative d'isoler d'autres sources formelles, la dissec-tion et l'Antiquité Puisque les formes sont prises sur le vif, visibles sur un corps vivant, elles ne constituent pas un sujet fermé restreint aux spécialistes, leur perception est ou-verte à tout le monde, nouvelle façon d'approcher et d'apprécier l'accomplissement de cette œuvre

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Légendes des illustrations

11 Main droite du David,

Florence, Accademia

12 Pietà,

Florence, Duomo

13 Etude pour le Jugement dernier,

Windsor, Royal Library

14 Albinus, Renhard Siegfried, Tabulae Sceleti et Musculorum Humani (Leyde, 1747), Tab V

15 Etude pour la Bataille de Cascina,

Haarlem, Teylersmuseum

16 Etude pour la Bataille de Cascina,

Vienne, Albertina, II 44

17 Etude pour la Victoire,

Londres, British Museum, H 292

18 Le Torse du Belvédère

(photo: Alinari)

19 Etude pour le nu au dessus de la Sibylle perse de la chapelle

Sixtine,

Haarlem, Teylersmuseum, H 103

20 Nu au dessus de la Sybille perse,

chapelle Sixtine (photo: Alinari)

21 Etudes pour un ange et pour le Damné dans le Jugement

Ngày đăng: 13/10/2022, 08:38

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