ActivitésLes activités, +1dynamique, * borné, - ponctuel dénotent des procès duratifs qui, à la différence des états, sont considérés comme se déroulant dans le temps et ne sont pastempo
Trang 1UNIVERSITÉ NATIONALE DE HANOI
ÉCOLE SUPÉRIEURE DE LANGUES ÉTRANGÈRES
Mémoire de fin d’études post-universitairesÉTUDES DES PÉRIPHRASES ASPECTUELLES EN FRANÇAIS ET LEURS ÉQUIVALENTS EN VIETNAMIEN.
NGHIÊN CỨU MỘT SỐ CỤM ĐỘNG TỪ DIỄN ĐẠT THỂ TRONG TIẾNG PHÁP VÀ
CÁC CÁCH BIỂU ĐẠT TƯƠNG ĐƯƠNG TRONG TIẾNG VIỆT
Directeur de recherche: Mme Professeur-Docteur Vũ Thị Ngân.
Réalisé par : Nguyễn Thị Thu Hương
Hanoi 2007
Trang 2Je tiens à exprimer ma profonde gratitude et mes vifs remerciements envers mondirecteur de recherche, Madame le Professeur Vũ Thị Ngân pour le temps qu’elle a bienvoulu consacrer à la relecture de ces pages et pour ses remarques précieuses Sans son aide,
ce mémoire n’aurait pas vu le jour
Je voudrais aussi adresser mes remerciements chaleureux et sincères à mesprofesseurs de l’Ecole Supérieure de Langues Étrangères, Université Nationale de Hanoi àqui je dois les connaissances et le courage pour le travail de recherche
Je remercie infiniment mes proches pour leur soutien moral durant la rédaction de
ce mémoire sans lequel je n’aurais pas pu mener à bien ce travail
Trang 3TABLE DES MATIÈRES
Trang 45 Aspect résultatif 23III Caractéristiques des périphrases aspectuelles 23
IV Emplois des périphrases aspectuelles 25
1 Périphrase à valeur prospective: Aller+infinitif 25
1.2 Combinaison avec les procès 27
1.2.1 Combinaison avec les états 271.2.2 Combinaison avec les activités et les accomplissements 271.2.3 Combinaison avec les achèvements 28
2.1 Commencer à/de+infinitif 29
2.1.1 Commencer et ses prépositions 292.1.2 Combinaison avec les procès 32
- Combinaison avec les états 33
- Combinaison avec les activités et les accomplissements 34
- Combinaison avec les achèvements 34
2.2.2 Combinaison avec les procès 36
- Combinaison avec les états 36
- Combinaison avec les activités et les accomplissements 37
- Combinaison avec les achèvements 38
3 Périphrases à valeur progressive 39
3.1 Être en train de + infinitif 39
3.1.2 Combinaison avec les procès 41
Trang 5- Combinaison avec les états 41
- Combinaison avec les activités et les accomplissements 42
- Combinaison avec les achèvements 44
3.2.2 Combinaison avec les procès 48
- Combinaison avec les états 49
- Combinaison avec les activités et les accomplissements 49
- Combinaison avec les achèvements 50
4 Périphrases à valeur terminative 50
4.2 Cesser de + infinitif 51
4.2.1 Combinaison avec les états 514.2.2.Combinaison avec les activités et les accomplissements 524.2.3 Combinaison avec les achèvements 53 4.3 Finir de + infinitif 54
4.3.1 Combinaison avec les états 544.3.2 Combinaison avec les activités et les accomplissements 554.3.3 Combinaison avec les achèvements 56Chapitre III Particules équivalentes en vietnamien des périphrases aspectuelles 58
3 Classement des aspects 60 3.1 Aspect accompli 61
Trang 74.2 Emplois de ngừng/ thôi 77
Trang 8Les apprenants vietnamiens qui apprennent le français se trouvent souvent dansl’embarras devant les phénomènes concernant les notions de temps, de modalité et del’aspect Parmi lesquelles, l’aspect est une notion très difficile à saisir même pour lesfrançais Pour les apprenants vietnamiens, cette difficulté est double du fait de grandedifférence entre deux langues en matière d’encodage des données aspectuelles.
On sait que chaque langue doit trouver des moyens pour exprimer telle ou tellenotion qui existe dans les autres langues Le français recourt à plusieurs procédés pourdécrire tous les types d’aspect comme : les formes verbales, les adverbes, les périphrases…tandis que le vietnamien ignore certains moyens (par exemple les formes verbales, lespériphrases) Cependant, le vietnamien possède un système très développé des moyenslexicaux qui jouent le rôle d’un morphème grammatical C’est la différence des moyensd’expression aspectuels et aussi de leurs utilisations qui font apparaître les confusionsdans l’expression ainsi que dans la compréhension de l’aspect en français chez lesapprenants vietnamiens Ils ont du mal à bien maîtriser les moyens d’expressionaspectuelle en français notamment les périphrases verbales Ils formulent des phrases
incorrectes comme : *Paul est en train de malade * Il est en train de pleuvoir C’est parce
Trang 9qu’en vietnamien, on dit naturellement :Paul đang ốm/ Trời đang mưa Dans ces cas, il
s’agit de l’interférence de la langue maternelle dans l’acquisition de la langue étrangère
La réflexion sur ces phénomènes nous ont poussé à choisir l’étude des expressions
de l’aspect en français et leurs équivalents en vietnamien comme sujet de notre recherche.Nous espérons que ce travail pourrait contribuer à une présentation plus claire et plusopératoire sur l’utilisation des moyens d’expression aspectuelle en français ainsi qu’envietnamien Cependant, faute de temps et dans le cadre de ce mémoire, nous ne sommespas en mesure de traiter à fond tous les problèmes de l’aspect, nous devons donc nouslimiter à étudier certaines périphrases aspectuelles en français et leurs équivalents envietnamien Nous laisserons les autres problèmes concernant l’aspect pour un travailultérieur
Dans ce travail de recherche, nous nous sommes posées des questions suivantes :
- Quels sont les moyens d’expression de l’aspect en français ?
- Quels sont les emplois et valeurs des périphrases aspectuelles en français ?
- Comment et par quel moyen linguistique, ces nuances aspectuelles sont-ellesexprimées en vietnamien ?
Pour le corpus d’analyse, nous avons choisi des exemples tirés des conversationsquotidiennes, des énoncés dans certains romans français Nous empruntons également desexemples dans les travaux déjà publiés des autres linguistes qui travaillent dans cedomaine
En ce qui concerne la méthodologie de recherche, nous nous appuyonsessentiellement sur l’ensemble des méthodes analytique, descriptive, comparative etsynthétique En analysant le corpus choisi, nous essayerons de dégager le contenusémantique et déterminer les emplois, les valeurs aspectuelles de certaines périphrasesverbales les plus utilisées en français En fonction des résultats de ces analyses, nous
Trang 10essayerons de trouver des équivalents en vietnamien en donnant des remarques concernantleurs différences et leurs ressemblances
Notre mémoire comprend trois chapitres :
Dans le premier chapitre, nous présenterons les fondements théoriques concernantl’aspect du français tels que la définition de l’aspect, la typologie de l’aspect, lescaractéristiques des procès
Le deuxième chapitre sera consacré à des définitions de la périphrase verbale engénéral et à celles de la périphrase aspectuelle en particulier Nous réserverons une grandeplace à l’analyse du corpus afin de confirmer le rôle, la valeur et la combinaison avec lesprocès de certaines périphrases aspectuelles
Dans le troisième chapitre, nous aborderons d’abord l’aspect en vietnamien et puisl’analyse de certains marqueurs aspectuels équivalents aux périphrases aspectuellesfrançaises présentées dans le chapitre précédent
Trang 11CHAPITRE I : ASPECT EN FRANÇAIS
I DÉFINITIONS.
A notre connaissance, la notion de l’aspect, apparue au dix-neuvième siècle dans lagrammaire russe, fait l’objet de nombreuses études de grands linguistes dans le mondeentier En français, elle est abordée plus tard, c’est jusqu’aux années 20 du vingtièmesiècle que Gustave Guillaume qui a mis le premier véritable effort de théorisation desphénomènes aspectuels Il oppose le temps externe qui sert de cadre aux états et auxévénements qui permet de les situer les uns par rapport aux autres ou par rapport à desdatations plus ou moins précises, et le temps interne à ces états et événements qui
constitue leur durée On réserve aujourd’hui le terme temps pour désigner le temps externe, alors que le temps interne est dénoté par celui d’aspect Hors ses emplois,
d’autres linguistes procèdent aux recherches dont le but principal est de résoudre leproblème de l’aspect dans toute sa complexité, dans toute la multiplicité des relationsaspectuelles Ils donnent les différentes définitions de l’aspect selon leurs points de vue etnous en citons ici quelques-unes afin de pouvoir trouver ses principales caractéristiques
Selon Aslanides dans “Grammaire du français, 2001” : «L’aspect est la catégorie
par laquelle l’énonciateur conçoit le déroulement interne d’un procès»
Ou bien, l’aspect, c’est «Le procès considéré sous l’angle de son développement
interne» (C Baylon, Grammaire systématique de la langue française, 1995.)
«Toute référence temporelle intérieure au procès» ( T.Pohl, Le français moderne,
1964) (cité par Baylon)
Les définitions sont nombreuses mais elles ne sont pas vraiment contradictoires
Nous trouvons que la définition de M Riel et al ( Grammaire méthodique du français,
2001.) est plus complète
Trang 12«D’un point de vue interne, le procès peut être envisagé en lui-même sous l’angle
de son déroulement interne En effet, indépendamment de toutes considérations chronologiques, tout processus implique en lui-même, une durée plus ou moins longue pour se développer et se réaliser On peut concevoir ce déroulement interne de la façon globale ou l’analyser dans ses phases successives (de son début à sa fin) Le passé simple,
“il voyagea” présente globalement le procès passé alors que dans “il se mit à voyager”,
la périphrase verbale “se mettre à” saisit le procès à son début Toutes ces façons d’envisager le déroulement du procès relèvent de l’aspect.»
Tout procès demande en effet pour s’accomplir une certaine durée qui impliqueune borne initiale, un laps de réalisation et une borne finale On peut les décrire dans leschéma comme suit :
A B -[ -] -(A : terme initial, B : terme final, A-B : laps de réalisation,)
Le point de l’événement (T’) peut se situer en différents endroits selon laperception du procès Si celui-ci est non encore commencé (il va voyager) le point T’ serasitué avant la borne initiale
-T’[ -] -
Si le procès est accompli (il a voyagé) le point T’ sera situé après la borne finale, indiquantque son terme a été atteint
Les différentes positions occupées par le repère T’ illustrent différentes perceptions duprocès, saisi aux différentes phases de son déroulement Si le procès est en courd’accomplissement, T’ peut avoir certaines positions entre les deux bornes (tout près de laborne initiale, la borne finale ou la continuation)
Trang 13-[ -]T’ -II CLASSEMENT DES TYPES D’ASPECT.
Guillaume, le linguiste d’avant-garde qui fonde la théorie de l’aspect, propose quel’aspect se révèle de manière générale dans le système verbal français et appartient à toutesles étapes de la réalisation temporelle Il distingue deux aspects en français : l’aspectinaccompli (exprimé par les formes simples du verbe) et l’aspect accompli (exprimé par lesformes composés du verbe) À côté, certains d’autres linguistes cherchent à établir lesdifférents moyens linguistiques et les diverses notions aspectuelles correspondantes Danscette tâche, on peut suivre une démarche onomasiologique, en distinguant d’abord lesdifférentes notions aspectuelles pour arriver aux divers moyens linguistiques qui lesexpriment et à l’inverse Les moyens linguistiques les plus étudiés appartiennent à deux
catégories : l’aspect lexical pour les notions aspectuelles contenues dans le groupe verbal (verbe et argument), l’aspect grammatical, pour les notions aspectuelles exprimées par la
flexion verbale
L’aspect lexical correspond au type de procès (activité, état, accomplissement,achèvement) exprimé par le lexème verbal et son environnement actanciel L’aspectgrammatical définit le mode de présentation du procès (accompli, inaccompli, itératif…)tel qu’il est indiqué essentiellement par les marqueurs grammaticaux (tempsmorphologiques, co-verbes, adverbes d’aspect…)
1 Aspect grammatical :
Le modèle de représentations aspectuo-temporelles de L.Gosselin (1997) met enœuvre quatre types d’intervalles disposés sur l’axe de temps Chaque intervalle qui estprésenté par un couple de points marquant les bornes, est pourvu d’une significationcognitive spécifique :
Trang 14- L’intervalle du procès correspond au procès lui-même (tel qu’il est exprimé par leprédicat verbal, indépendamment des marques d’aspect grammatical), présenté par [B1,B2].
- L’intervalle de référence qui présente ce qui est perçu/montré sur l’axe temporelest noté par [I, II]
- L’intervalle de l’énonciation qui correspond à la durée entre le début et la fin del’énonciation est noté par [01, 02]
- L’intervalle de circonstanciel exprimé par les compléments circonstanciels detemps qui servent à localiser l’intervalle du procès et /ou l’intervalle de référence est notépar [ct1, ct2]
Et l’aspect grammatical se trouve défini comme la relation entre l’intervalle deréférence [I,II] (ce qui est perçu et montré sur l’axe temporel) et l’intervalle de procès [B1,B2] [I,II] est l’intervalle choisi par le locuteur pour asserter le procès à décrire Enchangeant cet intervalle, le locuteur change de perspective et le procès à décrire aura despropriétés différentes Entre l’intervalle de référence et l’intervalle de procès, il existe dedifférents types de relation :
- Si [I, II] est inclus dans le [B1, B2], on ne peut pas voir tout le procès On ne saitqu’il est en cours
- Si [I, II] inclut le [B1, B2], on voit tout le procès
- Si [I, II] entre en intersection avec le [B1, B2] µ la fin, on sait que le procès aterminé
- Si [I, II] est avant le [B1, B2], on prédit que le procès va avoir lieu
Nous avons par conséquent des aspects grammaticaux différents que nousreprésenterons par des schémas dans lesquels le fil du temps est représentés par celui despoints (….)
Trang 151.1 Aspect accompli
Cet aspect nous fait voir l’état résultant du procès C’est-à-dire qu’il traduit leprocès au-delà de son terme, comme étant réalisé, achevé L’aspect accompli est exprimé
par les formes composées L’intervalle [I, II] est postérieur à [B1, B2] Ex : Il a terminé sa
soupe (depuis 5 minutes)
………B1…….B2…… I…… II………
1.2 Aspect inaccompli
L’aspect inaccompli ne présente qu’une partie du procès Autrement dit, le procèsest vu en cours d’accomplissement et il est exprimé par les formes simples des verbes.L’intervalle de référence [I, II] est inclus dans celui du procès [B1, B2] (Les bornes
initiale et finale du procès ne sont pas prises en compte) Ex : Il mangeait sa soupe.
Avec l’aspect sécant, l’intervalle de référence est envisagé sans limites ; il est perçu
de l’intérieur et découpé en deux parties : une partie réelle nette et une partie virtuellefloue, à cause de l’effacement de la limite finale
Trang 161.5 Aspect prospectif.
Cet aspect présente la phase préparatoire du procès L’intervalle de référence [I, II]est antérieur à l’intervalle du procès [B1, B2] Pour décrire l’aspect prospectif, le français
utilise la périphrase : aller+ verbe infinitif
Ex : Il va sortir (car il est habillé)
…………I………II…………B1……….B2………
Pour insister sur le dégrées d’approchement entre [I, II] et [B1, B2], on peut aussi utiliser
d’autres moyens lexicaux comme la périphrase : être sur le point de + verbe infinitif.
Ex : Quand vous êtes arrivés, j’étais sur le point de partir.
1.6 Aspect résultatif
L’intervalle de référence est postérieur à l’intervalle du procès Cet aspect peut être marqué
de deux moyens, soit par la périphrase venir de+ verbe infinitif soit par les formes
et ‘dormir’ un procès qui dure Ces traits sémantiques constituent ce que les linguistiquesappellent mode de procès (ou mode d’action) Les modes de procès ont une dimensionaspectuelles en ce qu’ils indiquent comment se manifeste le déroulement du procès, maisils sont rattachés au signifié de chaque acception du verbe, et aussi aux prédicats verbaux
En fonction du mode de procès du verbe, on distingue quatre classes fondamentales dontles deux premiers appartiennent à l’aspect imperfectif et les deux derniers à l’aspectperfectif
Trang 172.1 Aspect imperfectif
Riegel et al (2001) propose que l’aspect imperfectif envisage le procès dans son
déroulement, sans visée à un terme final Le procès est engagé dès que le seuil initial estfranchi et il est perçu comme indéfini et prolongeable, à moins qu’un événement extérieur
ne vienne l’interrompre (l’action de marcher est engagée dès qu’on a fait un pas et ellepeut linguistiquement se prolonger indéfiniment, même si en réalité elle est bornée par letemps, la fatigue ou d’autres contraintes extérieures) En effet, l’aspect perfectif esthomogène, non borné (non-télique) ou non terminatif et il est représenté par les verbesd’état et d’activité
2.1.1 États
Les États sont en général (-1dynamique, -borné, -ponctuel) Cependant, le terme
‘- borné’ est, d’une certaine façon, trompeur Certains procès de la catégorie d’état comme
être malade…sont bornés A l’imparfait, ils ont l’interprétation itérative comme dans : “A
ce temps-là, il était malade (plusieurs fois)” Par contre, d’autres comme être mort… au
même temps verbal n’ont pas cette interprétation C’est pourquoi les états représentés
principalement par être+ adjectif peuvent être subdivisés en deux groupes :
- Etats nécessaires 2 (- dynamique ; - borné ; - ponctuel) : être un animal, être rond, être
carré……
- Etats contingentes 3 ( -dynamique ; *4 borné ; -ponctuel) : être malade, être fatigué, être
absent…
1 (-: caractère négatif)
2 ( État nécessaire: Catégorie des procès marqués duratifs
3 (État contingent: Catégorie des procès marqués duratifs qui ont une fin inhérente
4 (*: borne extrinsèque)
Trang 182.1.2 Activités
Les activités, (+1dynamique, * borné, - ponctuel) dénotent des procès duratifs qui,
à la différence des états, sont considérés comme se déroulant dans le temps et ne sont pastemporellement restreints de façon stricte
Ex : marcher, courir, regarder un tableau, écrire, travailler, dormir, chercher une solution, fumer…Comme ces verbes ressemblent également aux verbes d’état en ce qu’ils
ne sont pas terminatif, donc, il est impossible de poser la question sur leurs durées
L’emploi des articles devant les compléments d’objet (un, du, des, les) joue aussi un rôle important pour déterminer les types du procès Ainsi, fumer, fumer des cigarettes, boire,
boire de l’eau …sont des verbes d’activité, car la quantité de cigarette et de l’eau n’est pas
clairement précisée, alors que fumer un cigarette, boire un verre d’eau n’appartiennent pas
à ce type Ils sont des verbes d’accomplissement qui sont nommés suivant
2.2 Aspect perfectif
L’aspect perfectif est, au contraire de l’aspect imperfectif, envisage le terme duprocès Le procès n’acquiert d’existence complète et véritable que lorsqu’il est parvenu àson terme (ainsi, l’action de sortir n’est réalisé qu’après le seuil) et une fois son termeatteint, le procès exprimé ne peut être prolongé, mais il peut être éventuellementrecommencé L’aspect perfectif est borné et non homogène Il est exprimé par les verbesd’accomplissement et d’achèvement
2.2.1 Accomplissements
Les accomplissements, (+dynamique, +borné, -ponctuel) ont une fin déterminée et
n’impliquent pas forcément une transition, un changement d’état
1 (+: caractère positif)
Trang 19Ces procès sont présentés par les syntagmes verbaux suivants : manger une pomme,
rentrer chez soi, courir 100 mètres, construire une maison, écrire une lettre, tracer un cercle…On note que les verbes ci-dessus sont des verbes transitifs, ils sont suivis d’un
complément d’objet direct dont la quantité est clairement limitée Ces syntagmes verbauxrenvoient à des événements qui ont une certaine extension temporelle Alors, ils sont bien
associés à une forme progressif telle que le groupe ‘être en train de’ On peut
naturellement se demander combien de temps un événement a pris pour s’accomplir
2.2.2 Achèvements
Les achèvements, (+dynamique, +borné, +ponctuel) présuppose un état antérieur à
la réalisation du procès (état A) et un état résultant postérieur à celui-ci (état B)
Apercevoir un avion, sursauter, atteindre un sommet, entrer, sortir, naỵtre, mourir, trouver, arriver, gagner, exploser, éclore…sont des procès d’achèvement, car une fois son
terme atteint, le procès ne peut pas être prolongé Ils renvoient à des événements qui sontpar nature instantanés, ponctuels ou momentanés Il est donc impossible de se demandercombien de temps a duré un événement ou au bout de combien de temps il s’est terminé Pourtant, il y a des cas ó le temps verbal et les compléments modifient le sens et l’aspect
du verbe d’achèvement
Ex : Il mourait tous les soirs au troisième acte.
Dans cet énoncé, mourait exprime un procès itératif dans le passé.
La première et principale difficulté que rencontre la mise en application de ce type
de classification consiste à définir des critères de validation pour déterminer le type deprocès dans un énoncé Qu’est-ce qui permet de dire que tel prédicat verbal exprime bienune activité plutơt qu’un état ou un accomplissement, par exemple ? En se basant sur destests linguistiques ainsi que des analyses linguistiques, Gosselin (1997) nous donnent
Trang 20quelques particularités de chaque type de procès qui nous aident efficacement dans cettedistinction très complexe :
-L’état doit son unité au fait qu’il subsume une situation dépourvue de toutchangement interne Ses bornes correspondent à l’irruption de changements Pourtant il estclair que cette absence de changement ne relève pas de la réalité extérieure à la langue,mais résulte d’une attitude conventionnelle et, en grande partie, arbitraire qui consiste àignorer les changements internes du procès (être malade, habiter un château…)
- Les accomplissements et les activités contiennent des séries de changement Ledécoupage de leur figure est lui aussi partiellement motivé par leur configuration : l’unitédes accomplissements provient de celle du domaine parcouru par la progression qu’ilsexpriment, alors que celles des activités tient au fait que les changements constitutifs de la
série de changements sont tous du même type Si ‘construire une maison’ désigne un
accomplissement, c’est parce que les changements internes à la série peuvent être de naturetrès différente, mais qu’ils participent tous à une même progression affectant un même
domaine borné En revanche, marcher, nager, manger des nouilles … expriment des
activités parce que l’ensembles des changements qui constituent la configuration de chacun
de ces procès sont tous du même type C’est pourquoi on peut dire que les activités,comme les états, ont une référence homogène En ce sens, les activités ont nécessairement
un caractère itératif Le point d’arrêt de ces types est arbitraire On peut distinguer les
accomplissement des activités par le biais des questions en combien de temps et pendant
combien de temps Les accomplissements peuvent répondre à la première mais pas à la
seconde alors qu’à l’inverse, les activités répondent à la seconde mais pas à la première
- Les achèvements tire son unité du fait qu’il correspond, au plan cognitif, à unchangement atomique ; mais on l’a vu, ce caractère atomique du changement résulte lui-même d’une convention sémiologique qui consiste à ignorer toute progression interne
Trang 21On peut distinguer les achèvements des accomplissements par le fait que ceux-ci nepeuvent apparaître avec des adverbes comme : «lentement», «méticuleusement»,
«soigneusement»
Nous présentons ci-après le tableau récapitulatif des quatre classes verbales :
Classes Traits Dynamique Borné Ponctuel ExempleÉtats nécessaire - - - être rond…
contingent - * - être malade
Accomplissements + + - Courir100m
- Vendler (1967) (Cité par Phan Thi Tinh) -
La classification des types de procès et la distinction des types d’aspect sont lesfondements théoriques très importants car les particularités de chaque type du procèsinfluent sur la relation entre l’aspect lexical et l’aspect grammatical, surtout sur lapossibilité de combinatoire entre les périphrases aspectuelles et les quatre types de procèsque nous aborderons dans les parties suivantes
Trang 22CHAPITRE II: PÉRIPHRASES ASPECTUELLES EN FRANÇAIS.
I DÉFINITIONS.
En général, un terme linguistique est souvent défini par plusieurs linguistes qui ont
des points de vue différents sur le même phénomène Le terme « périphrases verbales »
n’est pas un cas particulier C’est pourquoi nous voulons présenter certaines définitionspour trouver les caractéristiques principales des périphrases verbales en général et despériphrases aspectuelles en particulier :
D’après le dictionnaire de la linguistique de Georges Mounin (Quadrige, 1974):
«Une périphrase est l’ensemble de deux ou plusieurs mots formant une lexie ou
considéré comme ayant un seul signifié»
On peut citer une autre définition inscrite dans un livre de la grammaire en 6è :
(Mme Isabelle Grellet, Mme Guy Blandino et al, Hachette, 1990)
«Une périphrase verbale est un groupe de plusieurs mots qui fonctionne comme
un verbe Elle utilise l’infinitif du verbe précédé d’un verbe auxiliaire Grâce à ces verbes auxiliaires, les périphrases verbales permettent de traduire une nuance de temps, d’aspect ou de modalité d’un fait Ces verbes sont donc appelés auxiliaires de temps, d’aspect ou de modalité
Trang 23A travers ces définitions, nous constatons qu’il existe trois types de périphrases verbales :
- Des périphrases temporelles : il y en a deux, celle du passé récent (Il vient de sortir) ;
et celle du futur proche (Il va sortir) (Cependant, on a pu contester leur dénomination etles regarder comme des périphrases aspectuelles)
- Des périphrases aspectuelles : elles se font porteuses de toutes les nuances d’aspectque la conjugaison du verbe est difficile d’exprimer comme l’aspect inchoatif (= le début
de l’action : il se mit à chanter, il commença à chanter.), l’aspect terminatif (Il finit de
manger Il cesse de chanter)
- Des périphrases modales : qui sont les plus connues, et qui, malgré la diversité de
leur apport, se laissent ramener à l’expression générique de l’éventualité : (Il peut chanter.
Il veut chanter Il doit chanter Il ose chanter.)
II RÔLE DES PÉRIPHSASES ASPECTUELLES
En français, il y a trois types de périphrase mais dans le cadre de ce mémoire, nousn’abordons que les périphrases aspectuelles (on les appelle aussi les auxiliaires aspectuels)
et nous mettrons en relief sur les couples de synonymes car ils expriment le même aspectmais leurs nuances sémantiques sont tellement subtiles qu’ils provoquent des embarraschez les apprenants
Dans l’expression de l’aspect, les périphrases aspectuelles jouent un rôle trèsimportant car elles permettent d’évoquer des points particuliers du déroulement de procèsque les autres procédés sont incapables de décrire
1 Aspect prospectif.
Cet aspect, exprimé par les périphrases être sur le point de, aller + infinitif, indique
un fait qui va avoir lieu juste après un point de référence choisi Dans ce type de l’aspect,
Trang 24on distingue aussi l’aspect prospectif exprimé par être sur le point de de l’aspect imminentiel exprimé par le verbe aller précédé d’un infinitif.
L’opposé de l’aspect inchoatif qui souligne la limite initiale du procès, l’aspect
terminatif en souligne la limite finale au moyen des périphrases finir de, cesser de, achever de…+ infinitif
5 Aspect résultatif
Cet aspect, exprimé par venir de+ infinitif, traduit un fait qui vient de se produire
par rapport à un point de référence choisi
III CARACTÉRISTIQUES DES PÉRIPHRASES ASPECTUELLES
Les périphrases aspectuelles sont à la fois les morphèmes grammatical et lexical car
elles jouent le rôle d’un auxiliaire comme être et avoir et gardent en même temps leur valeur lexicale Le sens propres de chacun influe une grande partie sur son fonctionnement
dans l’énoncé Les périphrases aspectuelles ont des particularités comme suit :
Trang 25qui est toujours en train de travailler) ou rejeter le verbe être dans certains cas (Elle était grosse comme une femme sur le point d’accoucher J’étais à la basse-cour, en train de nettoyer les clapiers).
2 Valeur lexicale.
La plupart de périphrases gardent elles-mêmes leur valeur lexicale Ce caractèreimpose des restrictions de sélection sur le type des prédicats verbaux infinitifs que les
périphrases introduisent (Il commence à boire/ mais * 1 Il commence à être malade) et aussi
le choix du temps (Il était en train de boire/ *Il avait été en train de boire) Cependant, il existe quelques périphrases qui perdent totalement la valeur lexicale comme : aller et venir
de
3 Position dans un énoncé.
Dans un énoncé, les périphrases aspectuelles sont souvent mises après lespériphrases temporelles et modales… Elles doivent suivre un ordre rigide comme suit:Modalité>temps>aspect
- Il doit commencer à travailler mais non
- *Il commence à devoir travailler.
- Il vient de commencer à travailler mais non
1 * Signe d’un énoncé incorrect.
Trang 26- *Il commence à venir de travailler
- - Il doit venir de commencer à travailler.
Pour ce qui est de la combinaison de deux auxiliaires aspectuels, elle est sans douteinterdite lorsque ceux-ci appartiennent à la même sous-catégorie sémantique mais danscertains cas elle reste apparemment possible, lors qu’elles sont de sous-catégorie
différente, comme on peut le voir par exemple avec être sur le point de et se mettre à :
Ex : Il était sur le point de se mettre à travailler.
Par l’ordre d’application des périphrases, les périphrases de phase externe1 pouvantmodifier celles de phase interne2 le contraire n’étant pas possible
Ex : Jean vient de commencer à écrire l’article
* Jean commence à venir d’écrire l’article.
IV EMPLOIS DES PÉRIPHRASES ASPECTUELLES.
1 Périphrases à valeur prospective : Aller + infinitif
1.1 Particularités
Faisant partie de la périphrase verbale, aller dans le groupe aller+infinitif perd sa
valeur lexicale Mais il y a l’ambiguïté car ce groupe ne se distingue pas formellement du
présent d’aller suivi d’un infinitif et gardant sa pleine valeur lexicale Par exemple dans l’énoncé: « Je vais ouvrir la porte », on peut interpréter « aller » comme exprimant un
mouvement ou comme marquant l’aspect prospectif Cette distinction est importante car
elle régit le choix du temps verbal Si «aller» garde sa valeur lexicale, il peut se mettre à
n’importe quel temps, ce qui n’est pas le cas pour la fonction d’une périphrase verbale
1 Les periphrases de phase externe caractérisent le déroulement externe du process Ce sont les cas des verbes
aller+infinitive et venire de+infinitive.
2 Les périphrases de phase interne ciblent le déroulement interne du procès et plus particulièrement
décrivent les trios phases saillantes qi marquent ce déroulement: le déclenchement, la phase en cours et la fin.
Trang 27Dans ce groupe, ‘aller’ a un emploi limité Il ne connaît que le présent et l’imparfait Il ne
joue que le rôle d’un morphème grammatical à la valeur aspectuo-temporelle
Cette périphrase sert à exprimer à la fois le temps et l’aspect en français Elle décrit
le futur très proche et en ce qui concerne l’aspect, elle traduit le stade antérieur de laréalisation du procès
En tant qu’une périphrase temporelle, l’expression aller+infinitif couvre un
domaine plus limité en comparaison avec le futur simple Elle rapporte un événement ouune situation qui est postérieur au moment de l’énoncé auquel il reste étroitement lié
(1) Je vais te dire pourquoi je ne veux pas.
Par suite de ce trait caractéristique (postériorité par rapport à un moment connu, etlien étroit avec ce moment-là), le futur inchoatif ne peut pas remplacer le futur simple danscertains énoncés, par exemple :
(2) Pourquoi n’est-il pas ici ? – Je ne sais pas, il sera encore à Paris et non pas *Il
va être à Paris 1
Ni le futur qui décrit une action qui est postérieure à un autre futur
(3) Quand tu lui diras la vérité, elle se fâchera, et non pas *Elle va se fâcher.
Dans le rôle d’une périphrase aspectuelle, aller se met au présent et à l’imparfait
uniquement Le présent « va commencer » est en occurrence avec le futur simple ;l’imparfait est en occurrence avec le conditionnel (action postérieur à un repère passé)
(4) Je vais lui fabriquer un berceau/ Nous allons faire une longue promenade.
(Agota Kristof- La preuve)
(5) Les Prussiens allaient entrer dans Rouen, disait-on (Maupassant- Boule de suif).
1.2 Combinaison avec les procès.
1 Dans ce cas, le future simple a la valeur modale; il exprime une supposition.
Trang 28Le groupe « aller+infinitif » est une périphrase de phase externe C’est-à-dire qu’il
caractérise le déroulement externe du procès Il cible à la phase préparatoire qui se trouve
devant la borne initiale Grâce à ce point sémantique, aller est favorablement compatible
avec les quatre types de procès
1.2.1.Combinaison avec les verbes d’état
Aller est compatible avec les états contingents
(6) Remarquait Cottard, sur un ton aimable qui n’allait pas avec son affirmation,
nous allons tous devenir fous (Albert Camus- La peste).
(7) Ton berceau va bientôt devenir trop petit Il faudra que je te fasse un lit (Agota
Kristof- La preuve).
Dans (6) et (7), le locuteur a trouvé des signes de devenir fous, de devenir petit du
sujet Il souligne que la réalisation de ces procès se passera sûrement
(8) Et elle, elle va avoir bientôt dix-neuf ans Comment va-t-elle ? (Agota
Kristof-La preuve).
Cependant, cette périphrase prospective sont difficilement associés avec les états
nécessaires ayant propriétés permanentes et atemporels comme : être belle, avoir les yeux
bleus…
En français, les phrases : *Il va être belle ou *Elle va avoir les yeux bleus sont incorrectes
et illogiques
1.2.2.Combinaison avec les activités et les accomplissements.
Aller va aussi bien avec les actions dynamiques du type d’activités et d’accomplissements,
(9) Avec cette chaleur, son corps va bientôt sentir (Agota Kristof- La preuve).
Trang 29(10) Ses lèvres tremblaient On croyait qu’il allait pleurer, piquer une crise de
nerfs (Georges Simenon-Les inconnus dans la maison)
Dans les deux énoncés au dessus, le contexte «cette chaleur» et «Ses lèvres
tremblaient» prévient le déroulement dans un avenir très proche des actions sentir et pleurer.
(11) Quand l’enfant est lavé et habillé, Lucas le prend par la main – Nous allons
faire une longue promenade, Mathias Quand tu seras fatigué, je te porterai (Agota
Kristof - La preuve)
(12) Robin Douglas va chanter deux merveilleuses chansons qu’il m’a promises.
(François Sagan-Les merveilleux nuages)
1.2.3.Combinaison avec les achèvements.
Les achèvements sont des procès momentanés dont le déroulement se passe trèscourt tellement qu’on ne peut pas distinguer la borne initiale de la borne finale Avec cetype de structure interne spécialisé, les achèvements sont difficilement compatibles avec
les périphrases aspectuelles Mais aller+ infinitif est une périphrase de phase externe du
procès donc il est moins influencé par la structure interne du procès comme les autrespériphrases de phase interne C’est pourquoi cette périphrase s’associe naturellement auxverbes d’achèvement
(13) La vielle, calme, résignée, lucide, regardait les deux hommes et les écoutait
causer Elle allait mourir, elle ne se révoltai pas son temps était fini, elle avait
quatre-vingt-douze ans (Albert Camus -La peste)
(14) Il était rouge et respirait mal comme s’il venait d’être frappé et qu’il allait
tomber (Marguerite Duras -Un barrage contre le Pacifique)
Trang 30(14) Je crois que c’est fini, dit tristement Joseph Il va crever (Marguerite Duras
-Un barrage contre le Pacifique)
(16) Je pense tout le temps pendant le repas : «Je vais sortir après le dỵner, et je
prendrai le train pour aller n’importe ó» (Maupassant-Les Sœurs Rondoli)
2 P ÉRIPHRASES À VALEUR INCHOATIVE.
Dans une construction verbale à l’infinitif, commencer à/de et se mettre à
expriment l’aspect inchoatif dont l’accent est mis sur la phase du début plus ou moins court
pris à la borne initiale de l’état ou du procès D’après Riegel et al (1994), cet aspect se situe à l’intérieur des limites du procès et saisit le procès immédiatement à son début Se
mettre à et commencer à/de représentent la rupture entre la situation ó le procès n’a pas
encore lieu et la situation ou il est déjà en train de se dérouler On peut imaginer que, laborne initiale du procès est constituée de deux sous-bornes contiguës La première désigne
la période ó le procès exprimés par l’infinitif n’a pas encore commencé En revanche, ceprocès est considéré comme en train d’être réalisé sur la deuxième sous-borne
-][T -] - 1
Se mettre à et commencer à/de correspondent à deux modes de traitement
profondément différents de l’inchoation L’analyse de leurs conditions d’emploisrespectives fait rapidement apparaỵtre des contraintes très divergentes Nous partirons, pour
les mettre en évidence, de l’analyse des conditions d’emploi de se mettre à et puis le comparerons avec commencer à/de pour trouver les ressemblances et les différences.
2.1 Commencer à/de+ infinitif
Trang 312.1.1 Commencer et ses prépositions
En tant qu’une périphrase aspectuelle, l’emploi du verbe commencer est plus
compliqué que son synonyme se mettre à car le premier accepte plusieurs prépositions : à,
de, par Ensuite, parmi les prépositions grammaticalisées attestées, nous avons repris le
fil de la polémique intermittente concernant la prétendue différence aspectuelle marquée
par la préposition entre les structures commencer à, commencer de et commencer par En particulier, les occurrences de commencer à/commencer de posent un problème très
compliqué Sur ce problème, nous partageons parfaitement le point de vue d’un professeur
de l’Université Seinan-Gakuin, Thierry Trubert (À et DE après COMMENCER, UniversitéSeinan- Gakuin, 1994) En analysant la nuance des énoncés suivants :
(17) Il commença d’escalader la colline et
(18) Il commença à escalader la colline, il s’oppose à l’idée traditionnelle
fortement répandue d’une différence de niveaux de langue, le premier plus soutenu,littéraire et le second plutôt parlé pour la conversation Dans ces recherches, il a retenu un
résultat tout à fait différent D’après lui, la différence entre commencer à et commencer de
n’est pas simplement le style langagier Il pose une question si les deux structures
commencer à et commencer de divergent substantiellement l’une de l’autre au niveau
sémantique Il trouve qu’en français contemporain, les deux constructions de commencer existent encore en proportions très inégales, car commencer à domine numériquement
commencer de dans la langue orale ainsi que dans la langue écrite
A travers plusieurs analyses, ce linguiste propose que dans Il commença d’escalader la
colline, l’accent est moins mis sur escalader que sur le fait commencer l’action
(19) Ils arrivèrent à la nuit tombante, comme on commençait à allumer les
lampions dans le pars, afin d’éclairer les voitures
Trang 32On cherchera dans cette phrase le fonctionnement de l’opérateur d’ouverture à
dans la deuxième partie de la phrase «afin d’éclairer les voitures», la raison d’allumer se trouve dans «éclairer les voitures» En revanche, commencer d’allumer s’inscrit dans le discours en venant compléter sémantiquement «à la nuit tombante» Avec à, l’accent est donc mis sur «allumer» qui est en relation avec éclairer, alors que dans commencer
d’allumer, c’est commencer qui est mis en parallèle avec l’arrivée de la nuit.
D’après lui, commencer de marquerait une action qui aura de la durée et qui n’en est qu’à ses débuts, ce qui distinguerait l’usage de commencer à Autrement dit,
commencer à désigne une action qui indiquera du progrès et de l’accroissement vert un
but ; commencer de s’applique à une action de peu de durée, pouvant continuer jusqu’à la
fin et non comme tendant à un but
La structure commencer à +infinitif ouvre un choix paradigmatique du procès
exprimé par l’infinitif et insiste sur celui-ci, sur «ce qui commence» ; l’information
nouvelle est mise en relief dans la chaîne d’encodage après commencer Avec commencer
de+infinitif, en revanche, l’accent est mis sur le fait même que le verbe à l’infinitif en est à
son premier stade Le verbe est marqué par de comme présupposé par l’énoncé.
Dans : (20) Il commence de pleuvoir, l’énonciateur n’a pas le but de renseigner le
co-énonciateur sur la présence de la pluie déjà connue de lui, comme dans le cas suivant :
Il commence à pleuvoir dont le sens est proche de : Tiens ! Regardes, il pleut !
Mais celui d’attirer son attention sur le déclenchement de l’événement Commencer de
pleuvoir présupposant s’intègre dans des énoncés du type :
«Comme il commence de pleuvoir, tu ferais mieux de te couvrir avant de sortir, la pluiepourrait durer et tu serais trempé»
Un autre point différent entre les deux constructions du verbe commencer, c’est que
commencer à accepte les prédicats statif tandis que commencer de les refuse
Trang 33(21) Sais-tu si les ouvrier ont commencé (de ou à) peindre les grilles.
S’oppose à :
(22) J’ai lu les dix chapitres du livre et je commence à savoir de quoi il retourne.
En dehors de deux prépositions à et de, le verbe commencer accepte aussi la préposition par Cependant, l’utilisation du groupe commencer par+infinitif est moins compliqué que les deux autres Sémantiquement parlant, les deux structures avec les prépositions à/de désignent la phase initiale du procès d’une action singulière (appelé
aspect inscrit inchoatif) tandis que commencer par a trait de la phase initiale du procès à
l’intérieur d’une série d’actions hétérogènes (appelé aspect circonscrit inchoatif) (Selon
Filip Verroens- Vrije, Universiteit Brussel- Le verbe commencer et ses prépositions, 2000).(Réf )
Ex : (23) Je commence à ranger ma bibliothèque (C’est-à-dire : je me mets à la ranger) (24) Je commence par ranger ma bibliothèque (Je fais d’abord cela, et après je
ferai autre chose.)
(En ce qui concerne le groupe commencer par+ infinitif , nous ne voulons que le présenter
sommairement mais non faire des analyses soigneuses.)
Il est à noter que, dans la structure «commencer à/de/par+infinitif», le verbe
«commencer» peut revêtir n’importe quel temps ou mode verbal.
Ex : Il commence/a commencé/ avait commencé/ commençait/ commencera à s’agir d’un problème vraiment sérieux
2.1.2 Combinaison avec les procès.
Dans cette partie, nous essayerons d’analyser la combinatoire de ce verbe avec lestypes de procès
Trang 34Commencer à/de + infinitif présente des propriétés en quelques sortes inverses de
celles de se mettre à+infinitif L’une de ses caractéristiques essentielles est d’impliquer une
première construction de l’action exprimée du verbe infinitif (noté P) par le biais d’une
anticipation On pourrait dire, par un raccourci au reste trop simplificateur, que commencer
à/de met fin à pas encore P, commencer à/de P implique que l’on s’attende sous une forme
ou sous une autre, à l’actualisation de P
Combinaison avec les états.
En basant sur l’analyse de Franckel (1989) et sur les corpus que nous avons retenus
nous trouvons que commencer peut prendre pour complément une description d’état contingent mais pas du type d’état nécessaire tel que être français, être petit Ces procès
ne présupposent aucune limite Autrement dit, dans leur structure interne, il n’existe pas de
borne initiale ni borne finale tandis que commencer décrit la borne initiale du procès Ce
trait non-similaire de ces deux éléments empêche leur combinaison
Mais les états du type contingent (qui présupposent obligatoirement une borne initiale
extrinsèque) sont facilement suivis de commencer à :
(25) Il commençait à être saoul et il devait s’en rendre compte (M Duras-Un
barrage contre le Pacifique)
(26) Il commence à en avoir mare (exemple emprunté à Kranckel)
(27) Qui tranche un peu sur le fond commun des habitants de l’endroit et qui
cessera d’être redoutable quand il commencera de leur ressembler (Barbey
d’Aurevilly-(Premier Mémorandum) (Exemple emprunté à Filip Verroens)
Trang 35Combinaison avec les activités et les accomplissements
Commencer se combine facilement avec les verbes du type d’activité pour indiquer la
phase initiale des activités exprimées par les procès de cette catégorie
(28) Alors, il a commencé à rouler très très lentement (M.Duras-Un barrage
contre le Pacifique)
(29) C’est à partir de ce moment que les carnets de Tarou commencent à parler
avec un peu de détails de cette fièvre inconnue dont on s’inquiétait déjà dans le public
(Albert Camus- La peste)
(30) Dès qu’il a commencé à boire, il s’intéressait de moins en moins à nous.
(M.Duras- Un barrage contre le Pacifique)
(31) Alors, elle a commencé à sangloter Elle a sorti Noël de sa couverture et l’a
écraser contre sa poitrine, (Marguerite Duras- La vie tranquille).
Commencer est naturellement associé aux accomplissements :
(32) Joseph commença à dételer le cheval (Marguerite Duras- Un barrage contre
le Pacifique)
Commencer marque le premier point du déroulement de procès Cela explique la facilité de
la combinaison entre la périphrase inchoative avec les procès qui contiennent la borneinitiale comme les activités et les accomplissements
Combinaison avec les achèvements.
Nous savons que les bornes des procès d’achèvement se situent presque au mêmemoment, de sorte qu’il n’y a pas de place entre elles Donc il est difficile de les distinguer.C’est pourquoi ils sont difficiles d’être compatibles avec les périphrases aspectuelles de
phase interne comme commencer Cependant, il existe des cas ó la combinaison est
possible, comme par exemple :
Trang 36(33) Les coureurs commencent à arriver aux Champs-Elysées (Courrier
International, numéro 802, 3/2006)
Dans cette phrase, le pluriel du sujet rend la phrase devenir naturelle, puisque, detoute évidente, ce ne sont pas que tous les coureurs arrivent en même temps Dans ce cas-
là, le verbe commencer décrit le moment ó les premiers coureurs arrivent et après ce point
de repère, plus de coureurs continuent à «arriver aux Champs- Élysées»
La situation est la même avec les énoncés suivants
(34)Elle écoutait avec délices les gémissements du vent dans l’épais feuillage du
tilleul, et le bruit de quelques gouttes rares qui commençaient à tomber sur ses feuilles les
plus basses (Stendhal- Le Rouge et le Noire)
(35) Les étoilles du ciel commençaient de jaillir (Stendhal- Le Rouge et le Noire)
(36) Les demandes d’aide de l’ONU furent ignorées jusqu’à ce que les enfants
commencent à mourir de malnutrition (Courrier International, numéro 802, 3/2006)
Dans ces cas-là, le pluriel du sujet transforme la valeur d’un verbe ponctuel d’une
série d’action Donc, les achèvements sont facilement compatible avec commencer.
Quelquefois, nous rencontrons aussi une phrase dans laquelle le groupe
commencer à se combine avec un verbe d’achèvement dont le sujet est au singulier :
(37) En 1995, Jean Benoit a commencé à atteindre le sommet du Mont Blanc.
(Courrier International, numéro 721, 9/2004)
Cette phrase peut se trouver dans une situation ó Jean Benoit s’est fixé l’objectifd’atteindre le sommet, il a échoué plusieurs fois puis a atteint son objectif pour la premièrefois en 1995 et n’échoue plus dans ses tentatives après
2.2 SE METTRE À +INFINITIF
Trang 372.2.1 Particularités.
La périphrase se mettre à+infinitif est utilisé à l’écrit plutôt que l’oral et elle est
apparue plus fréquente dans les œuvres littéraires que dans les articles de la presse Selon
les analyses de Franckel (1989), se mettre à marque une inchoation très brutale donc il est facilement associé à des adverbes comme soudain, tout à coup, brusquement…
(38) Soudain, le vent se mit à souffler
L’utilisation et la capacité de combinaison avec les procès de se mettre à sont
assez compliqués et subits de plusieurs contraintes
2.2.2 Combinaison avec les procès.
-Combinaison avec les états
On peut tout d’abord constater que se mettre à est en règle général d’un emploi nettement plus contraint que commencer à lorsqu’il s’agit de verbes d’état Tandis que
commencer est bien compatible avec des procès d’état contingent (nous l’avons analysé
dans la partie précédente), les énoncés du type :
(39) ?? Je me mets à en avoir marre
(40) ?? Je me mets à être fatigué
(41) ?? Tu te mets à m’énerver
sont moins naturels que leurs homologues avec commencer à.
Mais si, une partie des énoncés précédents avec se mettre à deviennent nettement
plus naturels si l’on supprime l’ancrage au moment de l’énonciation, en particulier par le
biais de marqueurs comme quand ou si :
(42) Quand tu te mets à être désagréable comme ça, toute discussion devient impossible (Cité selon Franckel).
Trang 38On peut, de façon comparable, faire précéder certains énoncés de marqueurs
comme je sens que ou voilà que dont on peut dire qu’ils marquent une forme de
« distanciation » de l’énonciateur vis à vis de l’actualité de ce qui se produit :
(43) Je sens que je mets à être désagréable, il vaut mieux que je m’arrête
est sans doute plus naturel en la présence de je sens que
Combinaison avec les activités et les accomplissements.
Dans le même ordre d’idée, et de façon encore plus tangible, on observera le
caractère très peu naturel de Je me mets à le voir comparé à Je commence à le voir En revanche voilà que je me mets à avoir des hallucinations ne pose aucun problème
d’attestabilité
Selon Franckel, le fonctionnement de se mettre à, en contraste à celui de
commencer à /de (P), ne se construit qu’à travers son ancrage dans le temps Il échappe à
toute une construction subjective Se mettre à P marque la survenue de P, indépendamment
de toute anticipation Se mettre à P exprime donc le premier point de la location temporelle
de P à partir de l’extérieur temporel et notionnel de P Il s’agit d’une première constructionabsolue D’ó sa valeur inchoative et aoristique (rupture par rapport à toute constructionsubjective)
Ce mode de construction exclusivement temporelle permet d’expliquer lescontraintes relevées ci-dessus Lorsqu’il s’agit d’un procès à la première personne quis’actualise au moment de l’énonciation, il ne peut s’agir que d’un procès qui échappe ausujet Le procès se produit Le sujet en est le support, mais en aucune façon l’initiateur ou
le constructeur Toute intentionnalité est exclue D’ó la justification de marqueur comme
je sens que ou voilà que qui marquent précisément cet effet d’extériorité Un décalage se
marque ainsi entre la survenue du procès et sa prise de conscience Ces contraintes
Trang 39disparaissent avec un marqueur comme quand qui a par lui-même des propriétés aoristiques Ainsi à côté de Je me mets à être fatigué très peu naturel sous cette forme, l’énoncé Quand je me mets à être fatigué comme ça, il vaut mieux que je m’arrête
carrément parait tout à fait acceptable Comme ça marque que le point de départ est le
constat d’un état de fatigue actualisé dont le sujet est localisateur
Ce fonctionnement explique également les affinités évoquées avec des adverbes
comme brusquement ou soudain dans les emplois de type récit Ces adverbes vont de pair
avec la construction du premier point d’une localisation temporelle à partir d’uneextériorité stricte
(44)Elle ne répondit pas et soudain elle se mit à hurler (Marguerite Duras-Un
barrage contre le Pacifique)
(45) Elle ôta son manteau, son chapeau, s’assit et se mit à manger (Marguerite
Duras-Un barrage contre le Pacifique)
On peut dire que se mettre à correspond à la construction d’un premier point du procès Toutefois, premier ne s’interprète ici qu’au sens ou il n’est précédé d’aucune autre construction du procès Se mettre à n’anticipe pas une série de points localisant Se mettre
à se situe en deçà de toute anticipation.
Les exemples au-dessus a montré que « se mettre à» est compatible parfaitement
avec les activités qui sont dynamique, non-borné et non-ponctuel et dénotent des procèsduratifs qui se déroulent dans le temps et ne sont pas temporellement restreints de façonstricte
Combinaison avec les achèvements
Au contraire, cette périphrase se combine difficilement avec les verbes
momentanés ou ponctuels comme : tomber, atteindre un sommet.
Trang 40(46) * Il se met à tomber
(47)* Il se met à atteindre le sommet.
Bref, se mettre à et commencer à peuvent être remplacés l’un par l’autre dans
plusieurs énoncés Ils sont tous les deux associés aux états, aux activités et auxaccomplissements mais la situation est à l’inverse avec les achèvements qui recouvrent desactions momentanées Pourtant, chacun ayant des particularités, demande une condition
contextuelle différentes pour fonctionner Se mettre à marque un début plus brutal que
commencer à Il exprime en même temps l’objectivité de la relation entre l’action et
l’agent qui la fait
3 PÉRIPHRASES À VALEUR PROGRESSIVE
3.1 Être en train de + infinitif
3.1.1.Particularités
Être en train de traduit les actions qui se réalisent dans son déroulement qu’on ne
sait pas le début ni la fin du procès L’événement T peut se situer entre les bornes initiale etfinale :
-[ -T -] -En tant qu’une périphrase à valeur progressive, « être en train de » exclut les temps
verbaux qui ne peuvent exprimer l’inaccompli : le passé simple, le passé composé, le que-parfait, le futur antérieur et le passé antérieur
plus-(48) a, *Il fut en train de boire.
b,* Il a été en train de boire.
c, * Il aura été en train de boire.
d, * Il eut été en train de boire.